Ce mois de février, les musulmans accueillent un invité particulier et attendu : le mois béni de Ramadan. Si le jeûne occupe une place centrale dans la pratique musulmane, il est intéressant de rappeler qu’il ne s’agit nullement d’un acte propre à la seule communauté de Muhammad. En effet, le jeûne s’inscrit dans l’histoire de l’humanité depuis des temps très anciens.
Le jeûne, une prescription commune à toutes les communautés
Dieu rappelle clairement cette réalité dans le célèbre verset instituant l’obligation du jeûne du mois de Ramadan : « Ô les croyants ! On vous a prescrit "as-siyâm" comme on l’a prescrit à ceux d’avant vous, afin que vous adoptiez la piété » (Coran, sourate 2, verset 183).
En substance de ce verset, le savant pakistanais et mufti Muhammad Shafi Usmani (1897-1976) écrivait, dans son livre Ma’ârif ul-Quran, dans une traduction ici approximative : « Tout en mentionnant l’obligation du jeûne, on a voulu également préciser que cette action n’est pas spécifique à votre communauté. Ainsi, le jeûne a été imposé aux autres communautés antérieures. Cela montre l’importance particulière du jeûne. Pour inciter les musulmans à observer cette action contenant des difficultés, on a voulu leur dire que les gens qui sont venus avant vous ont pu les surmonter.
De ce fait, il est tout à fait naturel de percevoir que cette action contient une (certaine) légèreté (dans son accomplissement), car beaucoup ont été confrontés à ces difficultés. De plus, les mots qui ont été employés dans le segment "…comme il été prescrit à ceux d’avant vous" ont un sens de généralité (‘âm). Cela inclut ainsi toutes les communautés depuis Adam, et ce, jusqu’au dernier des Prophètes.
De là, nous pouvons en déduire que, tout comme la salat a toujours existé dans toutes les Législations et communautés antérieures, il en est de même pour le jeûne, qui a été imposé à toutes les communautés. Certains sont d’avis que le segment "ceux d’avant vous", employé à titre comparatif, désigne les chrétiens. Mais, cela ne veut absolument pas dire qu’on est en train de faire la négation (de la prescription du jeûne) pour les autres communautés. Ici, dans ce verset, on a voulu seulement montrer que tout comme le jeûne a été prescrit aux musulmans, il l’a été également pour les autres communautés. Toutefois, il n’est pas nécessaire que le jeûne de ces gens-là ressemble à notre manière de l’accomplir dans sa forme, comme par exemple dans le nombre de jeûne, dans la délimitation de ses horaires, dans la détermination de ses jours… Dans ces faits, il se pouvait qu’il y ait eu des différences. » (Volume 2, page 443).
Lire aussi : Pourquoi le Carême n’est pas le Ramadan des musulmans : ce qu’il faut savoir sur cette célébration chrétienne
En substance de ce verset, le savant pakistanais et mufti Muhammad Shafi Usmani (1897-1976) écrivait, dans son livre Ma’ârif ul-Quran, dans une traduction ici approximative : « Tout en mentionnant l’obligation du jeûne, on a voulu également préciser que cette action n’est pas spécifique à votre communauté. Ainsi, le jeûne a été imposé aux autres communautés antérieures. Cela montre l’importance particulière du jeûne. Pour inciter les musulmans à observer cette action contenant des difficultés, on a voulu leur dire que les gens qui sont venus avant vous ont pu les surmonter.
De ce fait, il est tout à fait naturel de percevoir que cette action contient une (certaine) légèreté (dans son accomplissement), car beaucoup ont été confrontés à ces difficultés. De plus, les mots qui ont été employés dans le segment "…comme il été prescrit à ceux d’avant vous" ont un sens de généralité (‘âm). Cela inclut ainsi toutes les communautés depuis Adam, et ce, jusqu’au dernier des Prophètes.
De là, nous pouvons en déduire que, tout comme la salat a toujours existé dans toutes les Législations et communautés antérieures, il en est de même pour le jeûne, qui a été imposé à toutes les communautés. Certains sont d’avis que le segment "ceux d’avant vous", employé à titre comparatif, désigne les chrétiens. Mais, cela ne veut absolument pas dire qu’on est en train de faire la négation (de la prescription du jeûne) pour les autres communautés. Ici, dans ce verset, on a voulu seulement montrer que tout comme le jeûne a été prescrit aux musulmans, il l’a été également pour les autres communautés. Toutefois, il n’est pas nécessaire que le jeûne de ces gens-là ressemble à notre manière de l’accomplir dans sa forme, comme par exemple dans le nombre de jeûne, dans la délimitation de ses horaires, dans la détermination de ses jours… Dans ces faits, il se pouvait qu’il y ait eu des différences. » (Volume 2, page 443).
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Ceci corrobore parfaitement avec un autre verset du Coran dans lequel Allah avait enjoint à Maryam (Marie) en ces termes : « Mange donc et bois et que ton œil se réjouisse ! Si tu vois quelqu’un d’entre les humains, dis (lui) : "Assurément, j’ai voué un jeûne au Tout-Miséricordieux : je ne parlerai donc aujourd’hui à aucun être humain" » (Sourate 19, verset 26).
À partir de là, nous pouvons voir que le jeûne de Maryam (Marie) consistait à ne pas parler à quiconque. Pour mieux comprendre cela, il est bon de noter que le mot sawm signifie littéralement l’abstinence ou encore la privation (al-imsak). Ensuite, pour notre communauté, le jeûne a été défini comme le fait de s’abstenir de manger, de boire et d’avoir des relations charnelles depuis l’aube, et ce, jusqu’au coucher du soleil.
Aussi, si nous regardons à travers la tradition prophétique (sunna), nous pouvons trouver plusieurs éléments nous permettant de voir que le jeûne était pratiqué par ceux qui ont vécu avant nous ou encore par d’autres communautés. Parmi ceux-là, il y a notamment :
● Le jeûne du Prophète David (Daoud) : En effet, selon Abdullah Ibn ‘Amr, le Messager d’Allah (paix sur lui) a dit : « Le jeûne le plus aimé d’Allah est celui de Dâoûd ; il jeûnait un jour et ne jeûnait pas l’autre jour. Et la salat la plus aimée d’Allah est celle de Dâoûd ; il dormait la moitié de la nuit, priait le tiers de la nuit et dormait le sixième restant » (Al-Boukhari / Mouslim).
● Le jeûne des Gens du Livre : A ce propos, il est rapporté que le Messager d’Allah (paix sur lui) a dit : « Ce qui distingue notre jeûne et celui des Gens du Livre, c’est le repas du "souhour" » (Mouslim).
À partir de là, nous pouvons voir que le jeûne de Maryam (Marie) consistait à ne pas parler à quiconque. Pour mieux comprendre cela, il est bon de noter que le mot sawm signifie littéralement l’abstinence ou encore la privation (al-imsak). Ensuite, pour notre communauté, le jeûne a été défini comme le fait de s’abstenir de manger, de boire et d’avoir des relations charnelles depuis l’aube, et ce, jusqu’au coucher du soleil.
Aussi, si nous regardons à travers la tradition prophétique (sunna), nous pouvons trouver plusieurs éléments nous permettant de voir que le jeûne était pratiqué par ceux qui ont vécu avant nous ou encore par d’autres communautés. Parmi ceux-là, il y a notamment :
● Le jeûne du Prophète David (Daoud) : En effet, selon Abdullah Ibn ‘Amr, le Messager d’Allah (paix sur lui) a dit : « Le jeûne le plus aimé d’Allah est celui de Dâoûd ; il jeûnait un jour et ne jeûnait pas l’autre jour. Et la salat la plus aimée d’Allah est celle de Dâoûd ; il dormait la moitié de la nuit, priait le tiers de la nuit et dormait le sixième restant » (Al-Boukhari / Mouslim).
● Le jeûne des Gens du Livre : A ce propos, il est rapporté que le Messager d’Allah (paix sur lui) a dit : « Ce qui distingue notre jeûne et celui des Gens du Livre, c’est le repas du "souhour" » (Mouslim).
En quelle année le jeûne du mois de Ramadan fut prescrit ?
Il est connu que le jeûne du mois de Ramadan fut prescrit en l’an deux de l’Hégire, durant le mois de Chaabane. D’ailleurs, l’imam An-Nawawi écrit : « Le Messager d’Allah (paix sur lui) a observé le jeûne du Ramadan pendant neuf années, car il a été prescrit au mois de Chaabane de la deuxième année de l’Hégire, et le Messager d’Allah est décédé dans la onzième année de l’Hégire, au mois de Rabi al-Awwal » (Al-Majmoû’, volume 6, page 250).
À travers ces éléments, il apparaît clairement que le jeûne constitue une adoration universelle, profondément enracinée dans l’histoire des révélations divines. S’il a connu des formes diverses selon les époques et les communautés, son objectif est resté le même : rapprocher l’être humain de Dieu et l’élever spirituellement. À l’approche du mois de Ramadan, se remémorer cette dimension historique et spirituelle du jeûne permet d’en apprécier davantage la sagesse et la profondeur.
*****
Housman Omarjee est imam à la mosquée de Saint-Pierre de l'Île de La Réunion.
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