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Sur le vif

Abayas : après la décision du Conseil d'Etat, le CFCM lance « un appel à la raison »

Rédigé par Lina Farelli | Jeudi 7 Septembre 2023 à 22:25

           


Après la décision du Conseil d'Etat validant l'interdiction des abayas et des qamis à l'école, le CFCM a lancé « un appel à la raison aux forces vives de la nation qui doivent absolument se ressaisir ».

« La laïcité est un principe fondamental et un bouclier qui nous protège et nous unit. Il est de notre devoir de continuer à tempérer les ardeurs de certains dans leurs propos et leurs comportements, de dénoncer les dérives qui nuisent au vivre ensemble », affirme-t-il.

« Le Conseil d’État a apporté une précision importante sur ce qui justifie l’interdiction de ce vêtement en le qualifiant de vêtement qui "fait immédiatement reconnaître celui qui le porte comme appartenant à la religion musulmane". Elle délimite donc le périmètre de l’interdiction qui doit s’appliquer à ces longues robes qui font apparaître par elles-mêmes et immédiatement l’appartenance à la religion musulmane », note le CFCM. Toutefois, « dans la pratique, de nombreux témoignages font état de comportements discriminatoires de la part de certains envers des élèves de confession musulmanes », exclues pour port du kimono ou de tenues amples.

« Les accusations d'islamophobie systémique » récusées

« Empêcher une fille de porter un vêtement qui n’est pas un signe religieux ostentatoire et pouvant être porté indistinctement par ses camarades musulmanes ou non, sous prétexte qu’il permet à la fille de rester conforme à sa conviction religieuse, est manifestement contraire à l’esprit et la lettre de la loi de mars 2004 » qui « ne vise nullement à sonder les convictions religieuses des élèves et encore moins à leur imposer de les abandonner ».

« Malgré ces dérives condamnables et ces polémiques interminables », le CFCM « regrette et récuse les accusations d’islamophobie systémique en France » qui « ne fera qu’exacerber la division et la discorde au sein de notre pays ».

« Préserver les jeunes filles contre les idéologies obscurantistes et extrémistes et les protéger contre toute pression et prosélytisme, est une mission noble que nous devons assurer en recourant à des moyens légaux et conformes à nos idéaux républicains », estime-t-il. Le jour où nous nous écartons des principes qui fondent notre République, sous prétexte que celle-ci soit testée par les extrémistes, nous aurons offert à ces derniers une victoire dont ils n’auraient jamais rêvé. »

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