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SaphirNews.com | Quotidien musulman d’actualité

 






Cinéma, DVD

« Mon frère », la violence du silence dans les centres éducatifs fermés

Rédigé par | Mardi 30 Juillet 2019

Le troisième long-métrage de Julien Abraham sort ce mercredi 31 juillet en salles. « Mon frère » décrit la violence des centres éducatifs fermés. Le rappeur MHD y incarne Teddy, un adolescent sans problèmes dont la vie bascule après la mort de son père.



Le rappeur MHD, dans le rôle de Teddy dans le film « Mon frère ». © Renaud Konopnicki
Le rappeur MHD, dans le rôle de Teddy dans le film « Mon frère ». © Renaud Konopnicki
Julien Abraham signait en 2013 le film « La cité rose » où on observait la dualité des parcours de deux frères originaires d’une banlieue pauvre. Djibril, l’aîné, était en ascension sociale, terminant ses études de droit à Paris tandis que le cadet, Isma, suivait les traces de la délinquance en entamant un boulot de guetteur. Ce teen-movie montrait une image plutôt juste des réalités sociales dans les quartiers populaires. Compte-tenu de la litanie de navets issus de ce genre cinématographique, La cité rose était un essai réussi.

Avec Mon frère, Julien Abraham réalise un nouveau film pour adolescents, à la tonalité beaucoup plus mature et décrivant une réalité bien plus dure. La narration se veut également plus complexe et plus intéressante grâce à des flashbacks bien réalisés.

L’action se déroule dans un centre éducatif fermé (CEF), dans le nord de la France. Teddy (incarné par le rappeur MHD), un lycéen, est inculpé pour le meurtre de son père. Issu d’un milieu social aisé, il détonne dans le décor et suscite la curiosité et l’incompréhension des autres jeunes.

Ce qui frappe au premier abord, c’est la mise en scène permanente de la virilité. Le quotidien du centre ressemble à un combat de coq perpétuel où les adolescents se provoquent entre eux. Ils défient les éducateurs, à l’exception de Papou (interprété par Almamy Kanouté) qui les domine par la force. Au sein de cette prison miniature, se joue un jeu de pouvoir dont les armes sont l’intimidation et l’humiliation. Les faiblesses des uns et des autres sont scrutées pour faire plier les potentiels adversaires.


Le projet du film est né de l’intérêt du réalisateur pour la psychoboxe, un concept théorisé par Richard Helbrunn dans les années 1980. Le psychanalyste se sert de la boxe comme outil de psychothérapie. Sur le ring, les jeunes du CEF libère leurs émotions et leur parole en affrontant Claude (jouée par Aïssa Maiga).

Julien Abraham réussit ainsi à maintenir, tout au long du film, une grande tension. La violence enfouie chez les protagonistes est palpable et prête à exploser. La violence du secret. La violence de ne pas pouvoir poser des mots sur sa violence. Un film à voir.

Coulisses du film

Le recrutement des jeunes comédiens s’est fait à partir du réseau de centres sociaux, culturels et éducatifs qui ont accueilli des projections du film La cité rose. Almamy Kanouté, acteur et coscénariste dans Mon frère, a déjà travaillé comme éducateur. Un documentaire sur les métiers du cinéma a été réalisé en parallèle du tournage. Le documentaire circulera ensuite dans les différentes structures éducatives pour susciter de nouvelles vocations.