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Sur le vif

Un livre destiné aux jeunes musulmanes interdit de vente aux mineurs

Rédigé par Lina Farelli | Mercredi 25 Février 2026

           


Un livre destiné aux jeunes musulmanes interdit de vente aux mineurs
Un livre au contenu pour le moins déconcertant. L’ouvrage Moi, la jeune Musulmane, signé d’un docteur répondant du nom d’Ahmad Ibn Moubarak ibn Qadhlan Al Mazru'i, a été interdit à la vente aux mineurs sur arrêté du ministère de l’Intérieur émis lundi 23 février et publié au Journal officiel le lendemain. Les propos qu’il contient sont « susceptibles de nuire à l'épanouissement physique, mental ou moral de l'enfance et de la jeunesse, notamment par les restrictions préconisées des lieux et activités accessibles comme les injonctions à ne pas développer son esprit critique et à l'adoption d'un mode de vie strict ».

Et pour cause : le livre, « manifestement destiné à la jeunesse », contient des propos hostiles envers « les Occidentaux ». On peut notamment y lire : « Je n'imite pas les Occidentaux dans leurs croyances, leurs adorations, leur tenues vestimentaires, leurs coutumes, leurs fêtes et leur comportements » ; « De ce fait, je ne les imite pas dans leur façon de marcher, de s'habiller, de parler et de se comporter car le Prophète a maudit les femmes qui agissent comme des hommes ». Des propos invitent aussi les jeunes filles à ne pas sortir de la maison : « J'ai donc pris conscience que ma maison est mon paradis dont je ne sors qu'en cas de nécessité et qu'avec la permission de mes parents. »

Le livre a été signalé le 11 février par la Commission de surveillance et de contrôle des publications destinées à l'enfance et à l'adolescence (CSCPJ), qui estime notamment que des propos sont « incitations à la discrimination envers les femmes » et « envers certaines catégories de personnes ». Selon le ministère de l’Intérieur, l'éditeur Ibn Badis a reconnu que « certaines formulations peuvent être interprétées de manière sensible », que des « passages (sont) susceptibles d'être compris de manière équivoque » et qu’ils peuvent donner lieu à une « interprétation pouvant être perçue comme stigmatisante ou discriminatoire ».

Pour empêcher l’interdiction de l’ouvrage, Ibn Badis a émis la volonté d’apposer une mention explicite sur la couverture « Ouvrage d'orientation religieuse - destiné à un public adulte / réservé aux majeurs » et d’ajouter un avant-propos « contextualisant le cadre religieux, rappelant le rejet de toute haine et de toute discrimination, et précisant que le propos relève de conseils spirituels individuels, sans portée de stigmatisation ». Il s’est aussi engagé à ne pas commercialiser l'ouvrage « via des canaux visant spécifiquement un public mineur et de ne pas le promouvoir dans des supports dédiés à la jeunesse » et à réaliser un « travail éditorial avec l'auteur pour examiner comment reformuler et clarifier les passages susceptibles d'être compris de manière équivoque tout en conservant le sens religieux du propos ». Mais ces engagements ne sont « assortis d’aucune garantie », poussant Place Beauvau à décider l’interdiction.

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