L’histoire du peuple palestinienne n’est encore que trop peu représentée au cinéma, mais elle perce, doucement et, espérons-le, surement. Notons la sortie, en janvier dernier en France, de Palestine 36, une belle œuvre politique signée de la réalisatrice palestinienne Annemarie Jacir.
Ce film revient sur un épisode méconnu, mais pourtant fondateur dans l’histoire des Palestiniens : la grande révolte arabe de 1936 contre l’occupation britannique. Les autorités d'alors, qui avait annoncé la création d'un « foyer national juif » en Palestine, avaient alors encouragé l’installation massive de juifs venus d’Europe, quitte à ce qu’elle se fasse aux dépens des populations locales. Lancée par une grève générale, la révolte, qui a vu s'affirmer le mouvement nationaliste palestinien, avait embrasé villes et campagnes avant d’être écrasée en 1939, à la veille de la Seconde Guerre mondiale.
Ce qu’il reste de nous témoigne d’une vaste et audacieuse ambition : couvrir près de huit décennies de l’histoire palestinienne, depuis la Nakba, la « catastrophe » que fut la création d'Israël en 1948, jusqu’à nos jours, à travers les yeux d’une famille originaire de Jaffa et contrainte à l'exil. Une grandiose fresque familiale s'étendant sur trois générations et qu’on doit à la réalisatrice et actrice américano-palestinienne, Cherien Dabis. Le film, qui dure près de 2h30, est porté par la célèbre famille Bakri : le père Mohammed, disparu à l’âge de 72 ans en décembre 2025, et ses deux fils, Saleh et Adam.
Le récit commence en 1988, à l'heure de la première intifada, lorsqu'un adolescent, présent par hasard à une manifestation contre l'occupation israélienne, est touché d'une balle dans la tête. Un drame qui conduit les spectateurs à plonger dans un passé familial lourd de traumatismes.
Ce film revient sur un épisode méconnu, mais pourtant fondateur dans l’histoire des Palestiniens : la grande révolte arabe de 1936 contre l’occupation britannique. Les autorités d'alors, qui avait annoncé la création d'un « foyer national juif » en Palestine, avaient alors encouragé l’installation massive de juifs venus d’Europe, quitte à ce qu’elle se fasse aux dépens des populations locales. Lancée par une grève générale, la révolte, qui a vu s'affirmer le mouvement nationaliste palestinien, avait embrasé villes et campagnes avant d’être écrasée en 1939, à la veille de la Seconde Guerre mondiale.
Ce qu’il reste de nous témoigne d’une vaste et audacieuse ambition : couvrir près de huit décennies de l’histoire palestinienne, depuis la Nakba, la « catastrophe » que fut la création d'Israël en 1948, jusqu’à nos jours, à travers les yeux d’une famille originaire de Jaffa et contrainte à l'exil. Une grandiose fresque familiale s'étendant sur trois générations et qu’on doit à la réalisatrice et actrice américano-palestinienne, Cherien Dabis. Le film, qui dure près de 2h30, est porté par la célèbre famille Bakri : le père Mohammed, disparu à l’âge de 72 ans en décembre 2025, et ses deux fils, Saleh et Adam.
Le récit commence en 1988, à l'heure de la première intifada, lorsqu'un adolescent, présent par hasard à une manifestation contre l'occupation israélienne, est touché d'une balle dans la tête. Un drame qui conduit les spectateurs à plonger dans un passé familial lourd de traumatismes.
Saisir ce qu'éprouve vraiment le peuple palestinien
Ce qu’il reste de nous se penche sur le destin d'une famille qui porte les blessures comme les espoirs d’un peuple malmené au quotidien depuis trop longtemps par l'occupation israélienne. « Mon père est un réfugié palestinien qui a passé la majeure partie de sa vie en exil. J’ai grandi en entendant ses histoires, ainsi que celles de ma famille et de ma communauté restées sur place — des récits de 1948, de 1967 et des intifadas. Ces expériences ont été transmises avec une telle intensité émotionnelle qu’elles semblent parfois constituer mes propres souvenirs », fait part Cherien Dabis pour raconter la genèse de son projet. Celui-ci a vu le jour grâce notamment au soutien de l’acteur américain Mark Ruffalo, jusqu’à être le producteur exécutif du film.
« Quand j’ai vu le film, j’ai ressenti une immense satisfaction. Quelque chose me rongeait depuis longtemps : comment en est-on arrivés là ? Comment en est-on arrivés au 7 octobre ? Comment a-t-on pu atteindre le point où un génocide se produit sans que le monde ne réagisse d’une manière appropriée ? Cela a à voir avec le sujet du film, qui est vraiment l’expérience palestinienne, depuis la création d’Israël, le déplacement du peuple palestinien et l’oppression liée à l’occupation. Mais ce qui m’a aussi profondément ému, c’est la grâce dont fait preuve le peuple palestinien face à tout cela, et la manière dont Cherien raconte l’histoire de cette grâce. J’en ai été ému aux larmes », témoigne l’acteur, connu pour ses rôles dans plusieurs blockbusters de l’univers Marvel mais aussi Shutter Island, Insaisissables ou encore Spotlight.
« Pendant longtemps, les Palestiniens ont été relégués au rang de chiffres. On ne met jamais de visages sur les victimes. Je pense qu'on nous a empêchés de saisir ce qu’éprouve véritablement la population palestinienne, la violence des traumatismes vécus quotidiennement. Je voulais que ce film permette aux spectateurs de se mettre à la place du peuple palestinien, d’être en empathie avec tout ce qu’il a enduré pendant plus de 75 ans », explique encore Cherien Dabis, qui espère offrir au public « une expérience émotionnelle ». Le pari est réussi.
Ce qu’il reste de nous raconte avec brio une histoire de luttes marquée par des décennies d’épreuves, d'humiliations et de souffrances. A côté des moments sombres, le film n’oublie pas non plus de représenter les instants de joie pour mieux restituer le quotidien.
Il est un film puissant et bouleversant qui souligne la résilience et la dignité du peuple palestinien. Il donne à voir une réalité que le grand public ne doit plus ignorer pour comprendre les ressorts du drame vécu encore aujourd’hui par les Palestiniens, et s'en indigner. Important et nécessaire.
« Quand j’ai vu le film, j’ai ressenti une immense satisfaction. Quelque chose me rongeait depuis longtemps : comment en est-on arrivés là ? Comment en est-on arrivés au 7 octobre ? Comment a-t-on pu atteindre le point où un génocide se produit sans que le monde ne réagisse d’une manière appropriée ? Cela a à voir avec le sujet du film, qui est vraiment l’expérience palestinienne, depuis la création d’Israël, le déplacement du peuple palestinien et l’oppression liée à l’occupation. Mais ce qui m’a aussi profondément ému, c’est la grâce dont fait preuve le peuple palestinien face à tout cela, et la manière dont Cherien raconte l’histoire de cette grâce. J’en ai été ému aux larmes », témoigne l’acteur, connu pour ses rôles dans plusieurs blockbusters de l’univers Marvel mais aussi Shutter Island, Insaisissables ou encore Spotlight.
« Pendant longtemps, les Palestiniens ont été relégués au rang de chiffres. On ne met jamais de visages sur les victimes. Je pense qu'on nous a empêchés de saisir ce qu’éprouve véritablement la population palestinienne, la violence des traumatismes vécus quotidiennement. Je voulais que ce film permette aux spectateurs de se mettre à la place du peuple palestinien, d’être en empathie avec tout ce qu’il a enduré pendant plus de 75 ans », explique encore Cherien Dabis, qui espère offrir au public « une expérience émotionnelle ». Le pari est réussi.
Ce qu’il reste de nous raconte avec brio une histoire de luttes marquée par des décennies d’épreuves, d'humiliations et de souffrances. A côté des moments sombres, le film n’oublie pas non plus de représenter les instants de joie pour mieux restituer le quotidien.
Il est un film puissant et bouleversant qui souligne la résilience et la dignité du peuple palestinien. Il donne à voir une réalité que le grand public ne doit plus ignorer pour comprendre les ressorts du drame vécu encore aujourd’hui par les Palestiniens, et s'en indigner. Important et nécessaire.
Ce qu’il reste de nous, de Cherien Dabis
Allemagne, Chypre, 2h25
Avec Cherien Dabis, Adam Bakri, Saleh Bakri, Mohammad Bakri, Maria Zreik
Sortie en salles le 11 mars
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