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Sur le vif

Attentat de Conflans : la fermeture de la mosquée de Pantin ordonnée, voici les raisons invoquées par l'Etat

Rédigé par Lina Farelli | Mercredi 21 Octobre 2020 à 12:15

           


Attentat de Conflans : la fermeture de la mosquée de Pantin ordonnée, voici les raisons invoquées par l'Etat
Après l’attentat à Conflans-Sainte-Honorine, dans les Yvelines, la mosquée de Pantin, en Seine-Saint-Denis, a été mise en cause dans la diffusion, sur sa page Facebook, de la vidéo du parent d’élève dénonçant le cours du professeur d’histoire quelques jours avant son assassinat. En réaction, le ministère de l’Intérieur a ordonné la fermeture pour une durée de six mois du lieu de culte, géré par M’hammed Henniche, président de l’Union des associations musulmanes de Seine-Saint-Denis (UAM 93). Cette fermeture, appelée à être effective dans la soirée du mercredi 21 octobre, a été motivée dans un arrêté préfectoral signé le 19 octobre.

Outre la diffusion de la vidéo, qui est « susceptible d'avoir facilité l'acte de terrorisme » dont Samuel Paty a été victime, la mosquée de Pantin est accusée de ne pas avoir modéré les commentaires sous sa publication. « Un internaute a indiqué, sur le même compte de la mosquée, le nom de Samuel Paty ainsi que l'adresse du collège où il enseigne, sans que ce message ne fasse l'objet d'une quelconque modération ou même d'une suppression de la part des responsables de la grande mosquée de Pantin, nonobstant le risque que faisait encourir pour l'intéressé la divulgation de son identité », lit-on dans l’arrêté.

« En dépit de la suppression, dès après l'attentat, des publications concernées sur le compte Facebook de la grande mosquée de Pantin, M'Hammed Henniche a reconnu et assumé, dans un article publié par Libération le 18 octobre 2020, avoir procédé à leur publication », ajoute la préfecture. « Au regard de ces circonstances, la grande mosquée de Pantin doit être regardée comme ayant procédé à la diffusion de propos provoquant à la haine et à la violence et susceptibles de contribuer à la commission d'actes de terrorisme », estime-t-elle.

Des éléments supplémentaires mis sur la table

Dans l’arrêté de fermeture, il est aussi reproché à M’Hammed Henniche d’avoir publié, en août 2018, des propos polémiques « incitant les internautes à retirer leurs enfants de l'école publique » sur les réseaux sociaux, sur la base d’une rumeur selon laquelle « les manuels scolaires pour apprendre la masturbation aux enfants étaient prêts ». Selon Le Parisien, ces propos auraient en fait été tenus par Hassen Farsadou, l'autre coprésident de l'UAM 93.

Autre point évoqué, la personnalité de l’imam principal de la mosquée, Ibrahim Doucouré, « impliqué dans la mouvance islamiste radicale d'lle-de-France » selon les autorités. L’homme « a étudié deux ans dans le Markaz de Damaj au Yémen, institut fondamentaliste au sein duquel a également étudié Youssef Bounouader, (...) ancien imam de la mosquée d'Ecquevilly (Yvelines), qui a fait l'objet d'une mesure de fermeture par arrêté du 2 novembre 2016, dans le cadre de l'état d'urgence, en raison d'une pratique rigoriste de l'islam appelant à la discrimination et à la haine, voire à la violence, à l'encontre des femmes, des juifs et des chrétiens », déclare la préfecture.

Par ailleurs, il est indiqué que l'imam a scolarisé trois de ses enfants à « l'école clandestine » de Bobigny qui a fait l'objet d'une fermeture « compte tenu notamment de la découverte, au sein des locaux, de l'ouvrage Apprendre le Tawhid aux enfants, interdit à la vente ou à l'utilisation par des mineurs ».

Aussi, la préfecture affirme que la mosquée de Pantin « est fréquentée par des individus appartenant à la mouvance islamiste radicale » et que, parmi eux, « figurent des personnes impliquées dans la mouvance djihadiste dont une personne en lien avec la mosquée de Lagny-sur-Marne », en Seine-et-Marne. Celle-ci a été fermée pendant l'état d'urgence après les attentats de novembre 2015 et l’association qui la gère fut dissoute en 2016.

Pour M’Hammed Henniche, la fermeture de la mosquée est une décision « disproportionnée ». S’il ne dépose aucun recours devant la justice administrative dans un délai de 48h, les fidèles, nombreux à s'estimer victime d'une « punition collective », trouveront portes closes dans la soirée du mercredi 21 octobre.

Mise à jour : Un recours a été déposé et sera jugé par le tribunal administratif de Montreuil lundi 26 octobre.

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