Connectez-vous S'inscrire

Société

Après l'annulation de la subvention municipale, la Grande Mosquée de Metz réagit

Rédigé par Lina Farelli | Dimanche 4 Janvier 2026

           

La justice administrative a annulé, en fin d'année 2025, l'octroi d'une subvention municipale à hauteur d'un demi-million d'euros à la Grande Mosquée de Metz. Un coup dur pour ses responsables qui n'entendent pas se laisser abattre.



Après l'annulation de la subvention municipale, la Grande Mosquée de Metz réagit
L'année 2026 ne pouvait plus mal débuter pour les porteurs du projet de construction de la Grande Mosquée de Metz, en Moselle. Le tribunal administratif de Strasbourg a décidé, mardi 30 décembre, d'annuler une subvention de 490 000 euros attribuée par délibération du conseil municipal de Metz en juillet 2024.

« Pour pouvoir octroyer une subvention à une association cultuelle, la commune doit démontrer que cette subvention répond à un besoin local », fait part le tribunal. Or, « si la commune de Metz a exposé que la pratique du culte musulman s’exerçait dans des locaux, notamment les mosquées Amine et Amitié, d’une capacité insuffisante, elle n’a toutefois pas démontré avoir procédé à une analyse des besoins, et n’a produit pendant l’instruction de l’affaire aucun élément chiffré, ni état des lieux, de nature à établir que les capacités existantes seraient réellement insuffisantes ».

Pour cette raison, « et compte tenu du montant conséquent de la subvention », le tribunal estime que « l’existence d’un intérêt public local n’était pas établie », tout en rappelant qu'un appel peut être formé devant la cour administrative d’appel « dans un délai de deux mois ».

Un recours que la Grande Mosquée de Metz entend bien engager face à une décision qu'elle juge incompréhensible. Elle compte bien apporter devant la justice une démonstration « complète et factuelle » que la subvention municipale répond bien à un besoin local.

Une « stigmatisation » dénoncée

« Le tribunal a estimé que le manque de places dans les lieux de culte musulmans n'était pas suffisamment démontré. Or, sur le terrain, la situation est connue et visible depuis des années : les lieux existants sont saturés, semaine après semaine, et de nombreux fidèles sont contraints de prier à l'extérieur des bâtiments, dans des espaces communs ou sur la voie publique », signifie les responsables de l'association dans un communiqué en date du samedi 3 janvier.

« Cette situation n'est ni exceptionnelle ni limitée aux grandes fêtes religieuses. Elle est structurelle et pose une question simple : comment garantir un exercice digne du culte lorsque les infrastructures sont manifestement insuffisantes pour les fidèles messins ? », s'interrogent-ils.

La Grande Mosquée de Metz, qui rappelle à cette occasion que « sa démarche ne vise aucun traitement particulier, mais une égalité de considération entre les cultes », déplore que « les recours engagés depuis plusieurs années par les mêmes personnes ciblent exclusivement le culte musulman, alors que les soutiens publics accordés aux autres confessions ne font l'objet d'aucune contestation comparable. Cette stigmatisation ne peut nourrir qu'un sentiment d'injustice ».

La décision du tribunal administratif avait été contestée par des militants de l’Union des familles laïques (UFAL), qui ont naturellement salué l'annulation de la délibération municipale. Le maire, François Grosdidier, a réitéré, pour sa part, son soutien à la Grande Mosquée de Metz, faisant valoir son souhait de démontrer face à la justice que la subvention répond bien à un besoin pour le culte musulman local.

Lire aussi :
La légalité du permis de construire de la Grande Mosquée de Metz validée par la justice
Bénéficiaire d'un don d'un million d'euros du Maroc, la Grande Mosquée de Metz répond aux attaques
Metz octroie près d’un demi-million d’euros pour la construction de la grande mosquée
Le maire de Metz dénonce « un attentat » contre une mosquée de sa ville
La première pierre de la Grande Mosquée de Metz posée, priorité à la collecte des fonds