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Sur le vif

Les Suisses disent « oui » à la limitation de l’immigration

Rédigé par La Rédaction | Lundi 10 Février 2014



Les Suisses se sont prononcés pour la limitation de l’immigration de masse, lors d’un référendum portant sur cette question, dimanche 9 février.

Le « oui » l’a emporté à une courte majorité de 50,3 %. La participation, qui s’est élevée à 56 %, est forte, comparée à la moyenne de 44 % constatée généralement lors de ce type de consultations citoyennes.

C’est une victoire pour l’Union démocratique du centre (UDC), le parti populiste, à l’origine de cette votation, précédé en 2009 du référendum contre l’interdiction des minarets. « Nous avons gardé notre indépendance », a réagi Christoph Blocher, l’un des membres de l’UDC, dont la campagne s’est axée sur la xénophobie et l’islamophobie pour inciter les Suisses à voter en faveur de son projet contre « l'immigration de masse ».

A l’inverse, le patronat suisse, le gouvernement suisse et la plupart des partis politiques avaient dénoncé un texte qui, d'après eux, ne ferait que freiner l’économie suisse. Une période « d’incertitude commence pour l'économie suisse, ce qui n'est pas bon », s’est désolé le patronat après l’annonce de la victoire du « oui ».


Un vote approuvé par le FN

Le texte approuvé par la majorité des électeurs suisse met fin à l’accord de libre-circulation en vigueur depuis 2002 entre la Suisse et l’Union européenne, qui avait entraîné l’afflux de nombreux immigrés européens en Suisse. A présent, les quotas et les contingents pour les étrangers, les frontaliers et les demandeurs d'asile en fonction des besoins et des possibilités du pays seront rétablis.

C’est une bien mauvaise nouvelle pour l’UE dont une bonne part des ressortissants vont travailler en Suisse. La Commission européenne a « regretté » une telle décision et indiquer examiner « les implications de cette initiative sur l'ensemble des relations entre l'UE et la Suisse ». Six autres accords bilatéraux liant la Suisse et l’UE pourraient être supprimés tout comme l'adhésion de la Suisse à l'espace Schengen.

Depuis l'entrée en vigueur de la libre-circulation, on recense l’entrée de près de 80 000 Européens en Suisse chaque année, bien loin des 8 000 anticipés par les autorités suisses. Malgré un besoin en main d’œuvre formulé par les entreprises, l’ampleur de cette immigration est mal vue par les populistes de l’UDC.

Le Front national a salué, par la voix de sa présidente Marine Le Pen, « la lucidité du peuple suisse » après la votation de dimanche. L'extrême droite, dont l'islam est devenue sa principale cible, gagne bel et bien du terrain en Europe.

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