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Sur le vif

L'alibi de Tariq Ramadan pour un viol présumé n’aurait pas été vérifié

Rédigé par Saphirnews | Mardi 6 Février 2018



L'alibi de Tariq Ramadan pour un viol présumé n’aurait pas été vérifié
Alors que le débat sur la détention provisoire de Tariq Ramadan devrait être tranché mardi 6 février, la véracité du témoignage de la seconde plaignante, qui a confronté l’islamologue lors de garde à vue, serait fragilisée par la réservation d’un billet d’avion Londres-Lyon contredisant une partie de ses déclarations.

Alors que cette plaignante accuse Tariq Ramadan de viols d'une brutale violence « dans l’après-midi » du 9 octobre 2009 dans un hôtel de Lyon, le billet d’avion de l’islamologue indiquerait, selon Le Parisien, qu’il se serait posé à l'aéroport de Lyon Saint-Exupéry à 18h35, deux heures avant la conférence pour laquelle il s’était rendu dans la capitale des Gaules.

Or le document, qui pourrait être un solide alibi pour Tariq Ramadan, n’a pas fait l’objet de vérification par les services de police. Ce « document important pour la manifestation de la vérité s'est mystérieusement égaré au parquet de Paris avant de réapparaître très tardivement », ne permettant pas aux enquêteurs « de confirmer ou d'infirmer cet alibi » de Tariq Ramadan à temps, c’est-à-dire avant et pendant la garde à vue, indique toujours Le Parisien.

Le document n'a été intégré à la procédure que 1er février, au second jour de la garde à vue, alors qu'il a été transmis au parquet de Paris plusieurs semaines avant, dans le cadre de l'enquête préliminaire ouverte en octobre 2017.

Pour les avocats de l'islamalogue, Mes Yassine Bouzrou et Julie Granier, « cette information fragilise considérablement les déclarations de son accusatrice qui explique avoir été violée dans l'après-midi ». Un courrier à la Garde des Sceaux a été envoyé pour demander la saisine de l'Inspection générale de la justice.

Tariq Ramadan a été mis en examen vendredi 9 février pour « viol et viol sur personne vulnérable ». Il aurait été fragilisé, lors de sa garde à vue, par la connaissance de la plaignante d’une cicatrice à l’aine, présenté ainsi comme au moins la preuve d’un acte sexuel, ce que même l’islamologue dément. L’issue du débat sur sa détention provisoire ou non est attendue.

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