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Sur le vif

L’OSCE met en garde contre les conséquences de l’islamophobie en Europe

Rédigé par Lina Farelli | Mardi 17 Mars 2026

           


L’OSCE met en garde contre les conséquences de l’islamophobie en Europe
A l’occasion de la Journée internationale contre l’islamophobie dimanche 15 mars, l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a mis en garde les pays membres contre un phénomène qui « risque d’accroître la polarisation et de menacer la stabilité de nos sociétés ».

« Les musulmans de tous âges continuent d’être pris pour cible par des actes de violence physique, des menaces et des attaques contre leurs biens, motivés par la haine, dans toutes les sphères de la vie privée et publique », déplore l’organisation. « Toutes les formes de racisme, de discrimination et d’incitation à la haine doivent être fermement rejetées. Le respect de la liberté de religion ou de conviction, ainsi que de la dignité de chaque personne, est un principe fondamental de l’OSCE », a fait part son président Ignazio Cassis.

« Les préjugés et la haine envers les musulmans forment un cocktail explosif qui affecte non seulement la communauté musulmane, mais aussi la sécurité de nos sociétés », a déclaré la directrice du Bureau des institutions démocratiques et des droits de l’Homme (BIDDH) de l’OSCE, Maria Telalian.

« La haine envers les musulmans ou d'autres communautés religieuses ou de convictions est rarement un phénomène isolé ; elle s'accompagne souvent d'autres formes d'intolérance. Les préjugés peuvent mener à la discrimination, qui peut à son tour engendrer des violences. Ces violences nuisent non seulement aux individus et aux communautés concernés, mais peuvent également compromettre la sécurité, les tensions risquant de dégénérer en conflits plus vastes », indique l’OSCE. « Si la responsabilité principale de traiter ces problèmes incombe aux gouvernements, la société civile joue un rôle essentiel dans la surveillance et la lutte contre les crimes de haine antimusulmans. (…) Grâce à une véritable collaboration avec la société civile, les gouvernements peuvent élaborer des réponses efficaces et ciblées pour lutter contre les crimes de haine et répondre aux besoins spécifiques de chaque victime. »

Pour Evren Dağdelen Akgün, représentant personnel de la présidence en exercice de l’OSCE pour la lutte contre l’intolérance et la discrimination à l’égard des musulmans, « cette intolérance ne menace pas seulement les musulmans, mais s’attaque aux principes fondamentaux des droits de l’Homme, de la justice, de l’égalité et de la liberté qui sous-tendent et soutiennent les sociétés démocratiques. Si elle n’est pas combattue, cette intolérance compromet la cohésion sociale et fragilise la sécurité, érodant ainsi les conditions d’une coexistence pacifique. Il est donc d’autant plus urgent de faire preuve d’une volonté politique plus forte pour lutter efficacement contre la banalisation de la haine envers les musulmans ».

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