Derrière la vitrine discrète d'une agence de voyages spécialisée dans le pèlerinage à La Mecque à Pantin, un crime d'une violence froide s'est noué le 23 avril dernier. Yasmine Zekia Benhebri, 57 ans, y a été frappée puis étranglée par son collègue Brahim B., âgé de 27 ans, rapporte Le Parisien. Après le meurtre, celui-ci a emballé le corps de la quinquagénaire dans un sac poubelle et l'a dissimulé dans un placard de l'agence.
La victime, mère de famille décrite comme « sans histoires », travaillait depuis des années pour l'agence Al Hayat Voyages. Ce soir-là, son silence inhabituel a immédiatement alerté ses proches, qui ont rapidement signalé sa disparition aux autorités.
Placé dans la position du dernier à l'avoir vue vivante, Brahim B. est interrogé en premier par les policiers. Lors de cette audition, il explique qu'il considérait la quinquagénaire comme une deuxième mère, et qu'elle lui était venue en aide à plusieurs reprises. Pour ne pas éveiller les soupçons, il s'implique même dans les recherches : il aide à diffuser l'avis de disparition auprès des commerçants du quartier et, lorsque les policiers se rendent à l'agence, ouvre lui-même les placards devant eux, sans que les enquêteurs ne remarquent rien de suspect. Il faudra plus de trois jours et un faisceau d'indices convergents pour que la vérité éclate.
Le suspect finit par passer aux aveux, expliquant qu’il s’est emporté contre Yasmine après que celle-ci a refusé de lui filer un coup de pouce financier destiné à aider sa mère. Le ministère public évoque « l'extrême violence » des faits, peut-être liée à une « intolérance à la frustration ». Brahim B. a été mis en examen pour meurtre et placé en détention provisoire, mais l’enquête se poursuit encore pour établir les motivations définitives d'un acte que rien, pour l'heure, ne permet d'expliquer entièrement.
Mise à jour : Après les aveux du suspect, la direction de l'agence de voyages s'est fendue, jeudi 30 avril, d'un communiqué exprimant leur « profonde tristesse » face au décès tragique de leur salariée, « survenu dans des circonstances d'une violence inacceptable sur son lieu de travail ».
« Cet acte est d'une gravité absolue. Il va à l'encontre de tout ce qui nous unit en tant qu'êtres humains. Nous le condamnons avec la plus grande fermeté. Il est essentiel de rappeler qu'un acte individuel ne saurait en aucun cas définir, représenter, ni être attribué à un groupe, une communauté ou un collectif dans son ensemble », a-t-elle affirmé, déclarant s'associer pleinement aux autorités « pour que toute la lumière soit faite sur les faits, et que justice soit rendue ».
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