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Monde

#FreeRamyShaath : plusieurs ONG réclament la libération du coordinateur du mouvement BDS en Egypte

Rédigé par Benjamin Andria | Mercredi 4 Septembre 2019

Deux mois se sont écoulés depuis l'arrestation de Ramy Shaath et l'expulsion vers la France de son épouse. Plusieurs organisations internationales appellent les autorités égyptiennes à la libération immédiate de l'homme politique égypto-palestinien, connu aussi pour être le coordinateur du mouvement BDS Egypte contre Israël.



Plusieurs ONG appellent les autorités égyptiennes à libérer Ramy Shaath, un homme politique égypto-palestinien, connu aussi pour être le coordinateur du mouvement BDS Egypte contre Israël.
Plusieurs ONG appellent les autorités égyptiennes à libérer Ramy Shaath, un homme politique égypto-palestinien, connu aussi pour être le coordinateur du mouvement BDS Egypte contre Israël.
Rami Shaath est entré dans sa huitième semaine de détention. Cet homme politique égyptien et palestinien, coordinateur du mouvement BDS Egypte (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) contre Israël depuis sa création en 2015, a été arrêté la nuit du 5 au 6 juillet.

Plusieurs organisations de défense des droits de l’homme parmi lesquels Amnesty International, la FIDH, l’Organisation mondiale contre la torture (OMTC) et l’Institut du Caire pour l'étude des droits de l'homme (CIHRS) se sont joints ces derniers jours à l'appel de la famille Shaath pour réclamer la libération immédiate de l’activiste.

Une détention arbitraire dénoncée

Ramy Shaath est sous l’œil des autorités égyptiennes depuis plusieurs années : outre son engagement dans la défense des droits des Palestiniens, il a rejoint la coalition de militants à l’origine du soulèvement populaire de janvier 2011 qui a conduit au départ de Hosni Moubarak avant, selon sa famille, de jouer un rôle important dans la transition démocratique du pays, notamment au sein du parti Al-Dostour dont il a tenu le rôle de secrétaire général avant sa fondation officielle. Il est le fils de Nabil Shaath, ancien Vice-Premier ministre palestinien et actuel conseiller des Affaires étrangères du président Mahmoud Abbas.

Après plusieurs semaines de tractations infructueuses auprès de l’administration égyptienne, la famille de Ramy Shaath a choisi de rendre publique son arrestation arbitraire ainsi que l’expulsion manu militari de son épouse de nationalité française, une professeur d'histoire-géographie qui vivait jusque là au Caire depuis 7 ans. Dans un communiqué en date du 21 août, la famille a raconté la façon dont la vie du couple a basculé, la nuit du 5 au 6 juillet dernier.

Ce sont « au moins une douzaine d’agents de sécurité lourdement armés » qui ont fait interruption dans la résidence cairote de Ramy Shaath et de sa femme Céline Lebrun Shaath. « Les agents ont saisi des ordinateurs, des disques durs et des téléphones portables » et a fouillé le domicile du couple « sans présenter aucun document légal le permettant », raconte la famille.

Tandis que Ramy Shaath a été embarqué par la police, Céline Lebrun a été « expulsée de manière arbitraire, forcée et sans aucun motif par les agents qui ont également refusé qu’elle contacte son consulat bien qu'étant officiellement sous sa protection ». Une expulsion assortie d’une interdiction de revenir en Égypte.

En parallèle, la famille apprend que Ramy Shaath est accusé d’« assistance à un groupe terroriste » dans le cadre d’une affaire connue sous le nom du « Plan Espoir ». Cette affaire porte sur un « complot orchestré par des militants de la société civile en collaboration avec les Frères musulmans pour porter atteinte à l'État » selon Amnesty, pour qui « au moins 15 responsables politiques, étudiants, journalistes et un défenseur des droits des travailleurs, sont détenus arbitrairement sur la base de charges sans fondement, liées à leurs activités politiques légitimes, à leurs activités de défense des droits humains et à l'expression pacifique de leurs opinions ».

Pour sa famille, « Ramy est détenu arbitrairement en raison de ses activités politiques légitimes et pacifiques et inculpé dans une affaire pénale sans fondement, sans aucun élément de preuve tangible à son encontre, à l'exception "d’éléments d’enquête" auxquels ni lui ni ses avocats n'ont eu accès ».

Ramy Shaath, ici avec son épouse Céline Lebrun Shaath.
Ramy Shaath, ici avec son épouse Céline Lebrun Shaath.

Un contexte de « répression sans précédent » en Egypte

A ce jour, Céline Lebrun n’a eu aucun contact avec son mari qui, quant à lui, n’a le droit qu’à une visite hebdomadaire de 20 minutes de sa famille. Celle-ci indique « tenir les autorités égyptiennes pour responsables de sa sécurité personnelle » et rejette « toute tentative de ternir la réputation de Ramy et de sa famille dans les médias en relayant de fausses accusations à son encontre ».

A ce jour, aucune prise de parole publique n'a été faite par les autorités françaises sur cette affaire. Pour Amnesty International, Ramy Shaath, détenu dans la prison de Tora, dans la banlieue du Caire, est « un prisonnier d'opinion, car il est détenu uniquement pour avoir exercé pacifiquement son droit à la liberté d'expression et à la participation aux affaires publiques ».

« Dans l'attente de sa libération, il doit être autorisé à consulter ses avocats et traité dans le respect de l'ensemble de règles minima pour le traitement des détenus », indique, dans un communiqué en date du mardi 3 septembre, l’ONG, qui appelle aussi les autorités égyptiennes « à enquêter sur le refus d'assistance consulaire qui a été opposé à l'épouse de Ramy Shaath (…) ainsi que sur l’expulsion illégale d'Égypte dont celle-ci a ensuite fait l’objet, et à lui offrir des voies de recours efficaces ».

« L’arrestation de Ramy Shaath intervient dans le contexte d’une répression sans précédent contre les personnes critiques à l’égard du gouvernement égyptien », déplore Amnesty, qui dénonce également les mesures restrictives prises dans plusieurs pays à travers le monde à l’égard du mouvement BDS. L’ONG « estime que les partisans du mouvement BDS doivent pouvoir exprimer leurs opinions et mener leurs campagnes sans faire l’objet d’actes de harcèlement ou d’intimidation, de menaces, de poursuites sans fondement ni d’autres mesures contraires au droit à la liberté d'expression ».

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