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Points de vue

Face au conflit israélo-palestinien, quel discernement en France ?

Rédigé par Fédération musulmane de Gironde (FMG) | Mercredi 16 Juillet 2014



À la politique coloniale d’Israël qui se poursuit au mépris des résolutions des Nations Unies s’oppose une réaction violente de Hamas. La logique autiste qui refuse de reconnaitre l’autre et qui profite de n’importe quel prétexte pour entrer dans un rapport de force obstiné ne peut que provoquer cette guerre asymétrique à laquelle nous assistons impuissants et dont les victimes sont toujours les mêmes : des civils innocents palestiniens.

Les images qui nous parviennent de Gaza sont choquantes. Elles créent en France une révolte, notamment au sein de la communauté musulmane, qui interprète le silence, la passivité ou l’ambiguïté des politiques à l’égard de ce drame humain comme une complicité.

Si la réaction de Hamas est perçu comme une provocation qui ne règle en rien le problème, la politique brutale d’Israël et disproportionnée dans ce conflit quant à elle porte préjudice en premier lieu à l’image de toute la nation juive dans le monde, laquelle ne pourrait être réductible à l’Etat d’Israël, encore moins aux politiques de ses gouvernements. Malheureusement, le soutien systématique et explicite de la politique israélienne par certains groupes et institutions juifs de France n’aide guerre à faire cette distinction.

Une double démarcation nécessaire

Un double discernement s’avère nécessaire pour préserver le vivre ensemble dans une société qui souffre déjà d’une double crise économique et identitaire.

- Le premier consiste à mettre la religion à l’écart de ce conflit, car il s’agit d’un problème essentiellement politique et dont la solution ne peut être que politique. Par conséquent toute mobilisation des deux communautés par des discours religieux radicaux mènerait à trahir les enseignements mêmes de ces deux religions monothéistes qui, fondamentalement, aspirent à la paix et au respect de la dignité humaine. Et c’est à ce niveau d’action et de discours que les rabbins et les imams doivent s’y mettre avec sagesse et pédagogie.

- L’autre discernement consiste à faire une démarcation citoyenne française qui passe par une modération des prises de positions politiques afin que les juifs de France ne donnent l’impression d’être plus Israéliens que les Israéliens et les musulmans de France plus Palestiniens que les Palestiniens.

Seule cette double démarcation lucide peut contribuer à partir de la France à renforcer l’option d’une paix durable au Proche-Orient, laquelle ne peut l’être totalement que si elle est juste. Sinon elle ne serait que domination du plus fort et soumission du plus faible, et donc une paix fragile et précaire.

Rappelons enfin que le droit de manifester ou de déclarer ses opinions en public est garanti par les valeurs de la République. Cependant, rien ne doit justifier les appels directs ou indirects à la haine et à l’importation de ce conflit sur le territoire français. Cela mettrait en cause le pacte républicain qui unit tous les français quelle que soit leur religion ou leur opinion politique.