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Sur le vif

« Sale arabe, sale musulman » : un lycéen violemment agressé dans le Rhône, la piste raciste sur la table

Rédigé par Lina Farelli | Mardi 20 Janvier 2026

           


« Sale arabe, sale musulman » : un lycéen violemment agressé dans le Rhône, la piste raciste sur la table
A Décines-Charpieu, dans le Rhône, un adolescent de 17 ans a été agressé, lundi 19 janvier, par trois personnes cagoulées alors qu'il se rendait au lycée tôt le matin. Le jeune homme d'origine syrienne a été lourdement frappé à divers endroits du corps. Ses agresseurs lui ont même rasé les sourcils et lacéré le visage avec un rasoir, occasionnant des blessures superficielles.

Le mineur, qui a porté plainte, a indiqué aux enquêteurs que des insultes racistes et islamophobes - « Sale arabe, sale musulman » - ont aussi été proférées à son encontre. Une enquête a été ouverte.

Le parquet de Lyon a confirmé auprès de BFM TV l'ouverture d'une enquête du chef de « violences aggravées par trois circonstances (en réunion, avec arme et en raison de l’appartenance vraie ou supposée de la victime à une race, ethnie, nation ou religion) ». « Les investigations confiées à la DIPN se poursuivent activement pour identifier et interpeller les mis en cause ainsi que pour déterminer les circonstances et les raisons précises de ces faits. Aucune hypothèse n'est à ce stade exclue » , a précisé le parquet.

L'adolescent s’est vu délivrer une incapacité totale de travail de cinq jours. « Toute agression raciste doit nous indigner et susciter un sursaut, une prise de conscience face a ses comportements nauséabonds, tout particulièrement lorsque la victime est jeune », a fait savoir la préfète du Rhône, Fabienne Buccio, en condamnant l'agression.

Le Conseil des mosquées du Rhône (CMR) a exprimé, mardi 20 janvier, sa profonde indignation face à une agression « d'une violence extrême ». A ses yeux, ce n'est « n'est ni un accident, ni un fait isolé, ni une dérive imprévisible » mais « le résultat direct d'un climat de haine construit, entretenu et banalisé ».

Ce passage à l'acte « s'inscrit dans un contexte où l'islamophobie est devenue socialement tolérable, politiquement rentable et médiatiquement banalisée. (...) Des institutions refusent de nommer l'islamophobie, la relativisent ou la nient. Tout cela a un prix. Aujourd'hui, ce prix est payé par un adolescent de 17 ans », dénonce le CMR.

« Nous refusons désormais les faux-semblants, les indignations tardives et les appels abstraits au calme. Nous refusons que l'on demande systématiquement aux victimes de faire preuve de retenue pendant que les responsables continuent à alimenter la haine », faut savoir la structure, qui exige notamment « que le caractère raciste et islamophobe de cette agression soit reconnu sans ambiguïté » et « que la justice agisse avec une fermeté exemplaire ».

Le CMR « met en garde: persister dans le déni, la stigmatisation et le silence, c'est accepter que d'autres agressions se produisent. C'est accepter que d'autres enfants soient pris pour cibles. (...) Nous appelons à une réaction claire, ferme et immédiate des autorités, ainsi qu'à une mobilisation réelle contre toutes les formes de racisme. »

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