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Sur le vif

Attentats de Christchurch : des plaintes annoncées contre une élue après un tweet islamophobe

Rédigé par Lina Farelli | Lundi 18 Mars 2019



Attentats de Christchurch : des plaintes annoncées contre une élue après un tweet islamophobe
Quelques heures à peine après le double attentat islamophobe de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, une conseillère régionale de Bretagne, Catherine Blein, a provoqué un tollé après un statut posté sur Twitter où elle écrit, sans gêne, le même jour de l’attentat vendredi 15 mars : « Tuerie en (Nouvelle-Zélande) : œil pour œil. »

Le tweet de l'élue ex-Front national, suspendue par le parti en 2017, a depuis été supprimé par Twitter, après le signalement des internautes choqués sur la Plateforme d’harmonisation, d’analyse, de recoupement et d’orientation des signalements (PHAROS), selon les explications de la police.

Indigné par de tels propos, le président du conseil régional de Bretagne, Loïg Chesnais-Girard, a fait savoir, samedi 16 mars, qu’il portera l’affaire devant les tribunaux. Il a dénoncé un « manque total d’humanité » de la part de cette élue qui, selon lui, « abime la Bretagne et le conseil régional ».

Ne disposant « malheureusement d’aucun pouvoir de police », car les propos ont été dits en dehors du cadre du conseil régional, Loïg Chesnais-Girard a néanmoins déclaré qu’il saisira « le procureur de la République au titre de l’article 40 du code de procédure pénale, pour incitation au meurtre ».

Musulmans de France (ex-UOIF) a également annoncé, dans un communiqué, un dépôt de plainte contre Catherine Blein contre ses « propos insultants et irrespectueux pour les victimes et leurs familles » et une « banalisation d’un discours de haine » intolérable.

Mise à jour : L’Observatoire national contre l’islamophobie, sous l’égide du Conseil français du culte musulman (CFCM), a annoncé sa volonté de porter plainte contre Catherine Blein pour « apologie de terrorisme et incitation au crime ». Pour Abdallah Zekri, « les mots ont un sens et chacun doit assumer ses responsabilités ».

Une élue qui assume sa haine des musulmans

Face au flot d'indignations provoquées par ses paroles, Catherine Blein, aujourd’hui âgée de 73 ans, ne s’est nullement excusée pour l’offense et n’a aucunement tenté d’arrondir les angles. Contactée par France 3 Bretagne, elle a assumé son tweet et est allée plus loin dans sa prise de position.

« Je fais un constat, c’est tout. Je dis "œil pour œil, ok". J’aurais dû terminer mon parallèle, m’expliquer après. L’année dernière, ce sont des Coptes qui ont été massacrés, des enfants, des femmes, en pleine messe. Là, c’est la même chose dans l’autre sens. Je ne m’associe pas à cette personne en Nouvelle-Zélande. Sur le grand remplacement, il a raison, cet Australien. D’accord, oui, c’est un acte terroriste, peut-être. Après, ce sont eux qui nous ont appris, ce sont les musulmans qui ont inventé le terrorisme. Leurs motivations sont les mêmes », a déclaré Catherine Blein, sans regrets.

Quant au projet du président du conseil régional de saisir la justice, elle répond avec désinvolture : « Qu’il dépose plainte, ça ne me fait rien du tout. C’est un homme de gauche favorable avec l’invasion de Bretagne, et qui fait tout pour. »

Catherine Blein avait été suspendue du Front national qui l'avait investie aux législatives en 2017 après que ses très nombreux propos islamophobes et homophobes ont été exposés publiquement

« Honte à l'islam qu'il faut éradiquer de notre sol par "principe de précaution" », écrivait-elle sur ses réseaux sociaux. Son dernier tweet n'a résolument rien d'un dérapage mais il est l'expression d'une haine de l'islam et des musulmans assumée de longue date.

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