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Monde

Arbitrage vidéo, échec africain, Mo Salah, Mbappé, Poutine... huit histoires de la Coupe du monde 2018 à retenir

Rédigé par | Mercredi 18 Juillet 2018

Évènement planétaire suivi par plusieurs milliards d’individus sur Terre, la Coupe du monde est un objet qui marque les mémoires collectives. Son histoire, ses histoires, sont des photographies de notre époque. En voici quelques-unes, qui resteront certainement dans les annales du football.



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La vidéo à l’arbitrage

Fantasmée, crainte, objet de nombreux débats, l’assistance vidéo a fait une entrée fracassante dans l’univers du football avec son introduction lors de cette Coupe du monde 2018 en Russie. La video assistant referee (VAR) est un dispositif permettant aux arbitres de demander l’avis d’un assistant qui a accès aux images du match afin de mieux juger certaines actions litigieuses. En cas de besoin, l’arbitre principal peut consulter lui-même la vidéo sur un écran situé au bord du terrain.

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Durant le premier tour de la compétition, la FIFA annonce que la VAR a été utilisée 335 fois sur 48 matchs et décrète un taux de bonnes décisions prises de 99,3 %. Un chiffre dont la réalité n’a pas été vraiment justifiée.

Les petites équipes, notamment africaines, se sont plaintes du fait que l’usage de la VAR a le plus souvent servi à déjuger des décisions arbitrales qui leur étaient favorables et vice-versa. Les arbitres gardent leur capacité d’interpréter le jeu, les contestations ne diminuent donc pas.

Ainsi, l’équipe de France a obtenu un penalty en finale sur une main de Mario Mandzukic. Les Croates jugeront que la main était involontaire et les Français l’inverse. L’arbitre avait estimé qu’il n’y avait pas de faute avant de se déjuger, mais sa première impression n’était pas forcément illégitime. De quoi continuer à alimenter les débats sur l’arbitrage.

L'échec des équipes d'Afrique et du Moyen-Orient

Cela n’était plus arrivé depuis 30 ans. Aucune sélection africaine n’a franchi le premier tour de la Coupe du monde 2018. Le Sénégal, qui avait hérité d’un tirage « abordable » s’était distingué par une victoire 2-1 contre la Pologne, mais s’est sabordé par la suite en réalisant un match nul contre le Japon et en s’inclinant face à la Colombie. Les Lions de la Teranga ont vu les Nippons leur passer devant au classement car ils avaient reçu deux cartons jaunes de plus... C’est une première dans l’histoire du Mondial que deux équipes puissent être ainsi départagées. De quoi nourrir des regrets.

Les Nigérians également sont passés tout près de la qualification mais n’ont pas su concrétiser leurs occasions contre une Argentine défaillante lors du troisième match décisif. Le Maroc et la Tunisie, malgré des oppositions intéressantes, n'ont pas su déjouer les pronostics et ont été logiquement défaits par les favoris de leurs groupes.

L’Égypte, avec un Mohamed Salah défaillant, a perdu ses trois matchs, dont le dernier contre l’Arabie saoudite, qui a pourtant été à nouveau la risée du Mondial après une cuisante défaite d’entrée contre la Russie (5-0) lors du match d’ouverture. Le rival iranien n'a pas passé le premier tour non plus, mais s’est démarqué en livrant trois prestations surprenantes. Après une victoire contre le Maroc, les Iraniens ont mené la vie dure à l’Espagne en perdant « seulement » 1-0 et en arrachant un match nul contre le Portugal.

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Le calvaire de Mo Salah

Attendu comme une des stars de la compétition, l’attaquant égyptien Mohamed Salah l’a traversée comme un fantôme. Il a d’abord été annoncé forfait à la suite d’une blessure lors de la finale de la Ligue des champions perdue contre le Real Madrid avec son club de Liverpool. Mais « Mo Salah » a tout de même joué diminué les deux derniers matchs de poule.

La sélection égyptienne a trouvé refuge à Grozny, en Tchétchénie, afin d’alimenter une opération de communication orchestrée par les autorités tchétchènes et égyptiennes. Le président Ramzan Kadyrov, accusé par des ONG d’être un tyran qui torture ses opposants, a multiplié les apparitions aux côtés de la star égyptienne, l’auréolant du titre de citoyen honoraire de la République tchétchène.

En signe de sa désapprobation, Mohamed Salah a marqué deux buts qu’il a systématiquement refusé de célébrer. Il a aussi boycotté la conférence de presse de l’après-rencontre Égypte-Arabie Saoudite, où il avait été désigné homme du match. L’attaquant a laissé entendre qu’il pourrait se retirer de la sélection nationale, selon CNN et Associated Press. S’il confirme ce retrait, ce sera un sacré coup dur pour l’Égypte. En revanche, sa place auprès des Reds est assurée pour longtemps : il a prolongé, en ce mois de juillet, son contrat jusqu’en 2023, pour le plus grand bonheur de ses supporters.

Le rendez-vous manqué de la Mannschaft

Portugal, Espagne, Brésil, Argentine… les favoris de la Coupe du monde n’ont pas brillé en Russie. L’élimination de l’Allemagne fut, de loin, la plus inattendue de la compétition. Après sa défaite 2 à 0 face à la Corée du Sud lors de son dernier match de la phase de poules, la Mannschaft, championne du monde en 2014, est sortie par la petite porte. Une « honte historique » pour la presse allemande puisque c’est la première fois que l’équipe nationale quitte un Mondial en poules depuis 1938.

Mohamed Salah n'est pas le seul à avoir été piégé par le jeu de la récupération politique. Mesut Ozil et Ilkay Gundogan, deux internationaux allemands d'origine turque, ont été emportés dans le torrent médiatique suscité par leur rencontre à Londres avec Recep Tayyip Erdogan en mai, en plein contexte de campagne électorale en Turquie. Un maillot dédicacé et une photo sur les réseaux sociaux plus tard, les deux milieux de terrain sont devenus des boucs émissaires de la défaite.

Mise à jour : Mesut Özil quitte la Mannschaft, refusant d'être un bouc émissaire de sa défaite au Mondial 2018

Les Aigles de la discorde

Le match entre la Serbie et la Suisse lors du premier tour a tourné à l’incident diplomatique. Les deux joueurs suisses Granit Xhaka et Xherdan Shaqiri ont célébré leurs buts en mimant un aigle bicéphale avec leurs mains. Il s’agissait pour eux de rappeler leurs origines albanaises à travers le symbole de la Grande Albanie.

Ce geste a été interprété comme une revendication des territoires attribués à la Serbie, au Kosovo, au Monténégro et à la Macédoine au terme des guerres des Balkans. La FIFA a condamné les deux footballeurs à payer une amende de 8 500 €, car les gestes politiques sont interdits.

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Modric, un joueur qui revient de loin

Luka Modric, le capitaine de la Croatie, a été sacré meilleur joueur de la compétition. Cette distinction vient récompenser l'abnégation et la force mentale du milieu de terrain. Son équipe a dû disputer trois prolongations – une première dans l’histoire du Mondial – et deux séances de tirs au but avant de se hisser en finale. Une finale qui a fait baver les Bleus tant elle dominait sur le terrain.

Le joueur du Real Madrid a disputé la Coupe du monde avec une probable future condamnation à de la prison au-dessus de la tête. En septembre prochain, Luka Modric risque d'écoper d'une peine de cinq ans pour faux témoignage dans l’affaire qui le lie à Zdravko Mamic. L'ancien président du Dinamo Zagreb avait instauré un système de corruption généralisé dans le football croate et a trouvé refuge aujourd’hui en Bosnie-Herzegovine.

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La vitesse de Mbappé

Kylian Mbappé a foudroyé le Mondial 2018. L’attaquant français a frappé les esprits en devenant, à 19 ans et 6 mois, le plus jeune joueur à inscrire un but en finale depuis Pelé en 1958. Le joueur du PSG va vite, très vite. Il a égalé le record de la course la plus rapide en étant flashé à 37 km/h contre l’Argentine en quart de finale.

Élu meilleur jeune joueur de la compétition, le Bondynois marquera, à n’en pas douter, les prochaines compétitions. À suivre !

Victoire pour Vladimir Poutine

Vladimir Poutine est assurément l'autre grand gagnant de ce Mondial dans une Russie qui demeure tout de même sous le coup de sanctions économiques de l’Union européenne.

Le hooliganisme russe, qui figurait parmi les plus grandes inquiétudes, ne s’est pas manifesté. Aucun incident majeur n’a été signalé, ce qui a charmé les milliers de touristes venus découvrir la Russie. Vladimir Poutine a d’ailleurs annoncé, en marge de la finale, que les étrangers, titulaires d’une carte Fan ID, sont autorisés à entrer en Russie sans visa, et ce plusieurs fois, jusqu’à la fin de l'année.

Avec le parfait déroulement de la Coupe du monde sur les plans sécuritaire et sportif, Vladimir Poutine peut donc se vanter d’une image renouvelée, assurément meilleure, pour son pays... allié du régime de Damas, sous la coupe de Bachar Al-Assad. Les bénéfices engrangés par la Russie vont-ils perdurer ? L'avenir nous le dira bien assez vite.

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