Emmanuel Macron a reçu, mardi 30 juin 2026, des participants du Forum de l’islam de France (Forif) chargés de travailler à la création d’une future instance nationale en charge des affaires du culte musulman.
Emmanuel Macron a reçu, mardi 30 juin, des participants du Forum de l’islam de France (Forif) chargés de travailler à la création d’une future instance nationale en charge des affaires du culte musulman. Au cours d'une réunion privée qui a duré environ deux heures à l’Elysée, les membres du groupe de travail Structuration – une dizaine – ont présenté leurs travaux en cours.
Une instance imaginée « au service du culte musulman »
« Nous lui avons surtout présenté une méthode de travail », avec un modèle s'appuyant notamment « sur les réalités du quotidien du culte musulman en France qui remontent des ARL (associations représentatives locales, aussi appelées CDCM dans plusieurs territoires, ndlr) et qui intègrent une majorité des mosquées de son territoire », raconte auprès de Saphirnews Najat Benali à l’issue de la rencontre.
« Le cœur du projet tient à son paradigme dans le changement de perception et d'action. Aujourd'hui, nous avons réfléchi à (créer) une instance orientée services. Que va-t-elle apporter aux mosquées et aux ARL ? Comment va-t-elle répondre à leurs besoins ? », résume la présidente de la Coordination des associations musulmanes de Paris (CAP 75) et rectrice de deux mosquées dans la capitale. A cet effet, « on travaille à identifier les besoins, les missions et les services attendus en s'appuyant sur les compétences et l'expérience des uns et des autres, mais également sur les instances qui ont déjà été créées par le Forif », déclare Najat Benali, en citant le Conseil national des aumôneries musulmanes (CNAM), l'Association de défense contre les discriminations et les actes antimusulmans (ADDAM) ou encore le Centre 157, chargée de l'accompagnement juridique des associations.
« Parmi les objectifs de cette future instance, au-delà des notions d'organisation et de représentation, figure la volonté d'apporter des réponses concrètes aux enjeux du culte : accompagnement des lieux de culte, formation des cadres religieux, carrés confessionnels, dialogue avec les pouvoirs publics, soutien aux structures locales, dialogue interreligieux, réflexion théologique et développement de services utiles aux acteurs du terrain », abonde en ce sens Karim Benaïssa, recteur de la mosquée de Créteil et président du Rassemblement des associations musulmanes du Val-de-Marne (RAM 94).
« Le cœur du projet tient à son paradigme dans le changement de perception et d'action. Aujourd'hui, nous avons réfléchi à (créer) une instance orientée services. Que va-t-elle apporter aux mosquées et aux ARL ? Comment va-t-elle répondre à leurs besoins ? », résume la présidente de la Coordination des associations musulmanes de Paris (CAP 75) et rectrice de deux mosquées dans la capitale. A cet effet, « on travaille à identifier les besoins, les missions et les services attendus en s'appuyant sur les compétences et l'expérience des uns et des autres, mais également sur les instances qui ont déjà été créées par le Forif », déclare Najat Benali, en citant le Conseil national des aumôneries musulmanes (CNAM), l'Association de défense contre les discriminations et les actes antimusulmans (ADDAM) ou encore le Centre 157, chargée de l'accompagnement juridique des associations.
« Parmi les objectifs de cette future instance, au-delà des notions d'organisation et de représentation, figure la volonté d'apporter des réponses concrètes aux enjeux du culte : accompagnement des lieux de culte, formation des cadres religieux, carrés confessionnels, dialogue avec les pouvoirs publics, soutien aux structures locales, dialogue interreligieux, réflexion théologique et développement de services utiles aux acteurs du terrain », abonde en ce sens Karim Benaïssa, recteur de la mosquée de Créteil et président du Rassemblement des associations musulmanes du Val-de-Marne (RAM 94).
Une « grande consultation nationale » en vue pour « légitimer » la future instance
Encore faut-il pouvoir la légitimer auprès du plus grand nombre d’acteurs et de responsables musulmans ; une nécessité dont le GT Structuration est consciente, « pour sortir de ce qui pouvait exister » par le passé, « qui impose par le haut ». Pour ce faire, Najat Benali annonce le lancement cet été d’une « grande consultation nationale » à l’adresse des responsables du culte musulman pour les « questionner de façon inédite sur leurs attentes, leurs besoins et leurs projections dans cette instance ». Une étape « indispensable » sur laquelle son GT planche actuellement activement.
« Je peux entendre certains procès en illégitimité mais, si vous voulez, ils peuvent aussi traduire les échecs du passé et c'est la raison pour laquelle notre méthode est différente, nouvelle, dit-elle. Nous nous appuyons d'abord sur une consultation la plus large des acteurs musulmans pour faire entendre la voix du culte musulman dans chacun des territoires, la faire remonter, puis en tenir compte dans la construction de cette nouvelle structure, de sa gouvernance. (…) L'intérêt général doit primer et c'est tout le sens de notre travail au sein de notre groupe. »
Même son de cloche pour Karim Benaïssa dont le GT est « convaincu que la confiance ne se décrète pas » : « Cette consultation est essentielle : elle permettra d'enrichir le projet et de lui conférer toute sa légitimité. » ; un projet qui n'est pas « celui d'une organisation qui cherche à représenter les musulmans ». « Nous ne demandons pas aux acteurs du culte d'adhérer à une structure déjà décidée. Nous leur proposons de participer à sa construction. La légitimité de cette future instance ne résultera pas d'une désignation administrative ; elle reposera sur plusieurs principes : une consultation nationale ouverte, une représentation issue des territoires, un cadre de concertation inclusif regroupant toutes les instances désireuses d’apporter une valeur ajoutée au culte musulman en France, une gouvernance démocratique, la transparence des règles de fonctionnement, l'indépendance vis-à-vis de toute influence extérieure ».
« Je peux entendre certains procès en illégitimité mais, si vous voulez, ils peuvent aussi traduire les échecs du passé et c'est la raison pour laquelle notre méthode est différente, nouvelle, dit-elle. Nous nous appuyons d'abord sur une consultation la plus large des acteurs musulmans pour faire entendre la voix du culte musulman dans chacun des territoires, la faire remonter, puis en tenir compte dans la construction de cette nouvelle structure, de sa gouvernance. (…) L'intérêt général doit primer et c'est tout le sens de notre travail au sein de notre groupe. »
Même son de cloche pour Karim Benaïssa dont le GT est « convaincu que la confiance ne se décrète pas » : « Cette consultation est essentielle : elle permettra d'enrichir le projet et de lui conférer toute sa légitimité. » ; un projet qui n'est pas « celui d'une organisation qui cherche à représenter les musulmans ». « Nous ne demandons pas aux acteurs du culte d'adhérer à une structure déjà décidée. Nous leur proposons de participer à sa construction. La légitimité de cette future instance ne résultera pas d'une désignation administrative ; elle reposera sur plusieurs principes : une consultation nationale ouverte, une représentation issue des territoires, un cadre de concertation inclusif regroupant toutes les instances désireuses d’apporter une valeur ajoutée au culte musulman en France, une gouvernance démocratique, la transparence des règles de fonctionnement, l'indépendance vis-à-vis de toute influence extérieure ».
Des encouragements présidentiels au projet
Les membres du Forif conviés à l’Elysée ont eu, en face, un Emmanuel Macron « extrêmement attentif ». « Le président de la République a souligné une volonté collective de construire, d'aller dans le même sens pour le bien du culte musulman (…). Une dynamique collective et rassurante aussi parce que portée par des acteurs de terrain qui œuvrent dans des mosquées, à la tête d'ARL départementales », raconte Najat Benali, qui note les encouragements du chef de l’Etat, lui qui avait enterré publiquement, en février 2023, le Conseil français du culte musulman (CFCM) de son rôle d’interlocuteur privilégié de l’Etat.
« Il nous a soutenus dans notre démarche en nous invitant à préciser les éléments et à travailler davantage pour faire émerger cette instance qui nous ressemble et qui ressemble davantage aux musulmans en France. » « Nous avons trouvé auprès de lui une écoute attentive et un intérêt manifeste pour le travail réalisé », confirme Karim Benaïssa.
Aucun calendrier pour le lancement de l’instance n’a été rendu public. « Il serait prématuré d'évoquer un calendrier précis. La priorité est la qualité de la concertation et l'adhésion la plus large possible des acteurs concernés », fait part le recteur de la mosquée Sahaba. De la consultation sur laquelle « nous nous concentrons d’abord vraiment », « nous espérons en tirer l'ensemble des enseignements à la fin de l'été. L'objectif, ce n’est pas d'aller vite, mais de répondre de façon pragmatique, factuelle aux attentes et aux besoins du terrain (…). De créer une structure qui sera durable, légitime et qui aura permis de consulter l'ensemble des parties prenantes », insiste Najat Benali.
Cette rencontre a été l’occasion pour les acteurs musulmans invités d’évoquer « avec inquiétude » le projet de loi contre « l’entrisme islamiste » ; une initiative de l’exécutif qui vient après la loi dite « séparatisme » et qui « viendrait encore hystériser le débat ». Le projet de loi dans les tuyaux « inquiète sur le terrain, notamment au niveau associatif », dans un contexte où « les musulmans sont déjà montrés du doigt pour à peu près tout et n'importe quoi ». A ce jour, le gouvernement ne montre aucun signe d’un rétropédalage, à moins d’un an de l’élection présidentielle à gros enjeux. De quoi possiblement perturber la sérénité du dialogue entre les acteurs du Forif et les représentants de l'Etat dans les mois à venir.
Entre les résultats espérés de la consultation à l'automne et l'exigence de durabilité que s'impose le GT Structuration, le chemin reste long et semé d'embûches. Mais ce chantier, s'il aboutit, pourrait changer durablement les relations entre l'État et le culte musulman en France.
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Aucun calendrier pour le lancement de l’instance n’a été rendu public. « Il serait prématuré d'évoquer un calendrier précis. La priorité est la qualité de la concertation et l'adhésion la plus large possible des acteurs concernés », fait part le recteur de la mosquée Sahaba. De la consultation sur laquelle « nous nous concentrons d’abord vraiment », « nous espérons en tirer l'ensemble des enseignements à la fin de l'été. L'objectif, ce n’est pas d'aller vite, mais de répondre de façon pragmatique, factuelle aux attentes et aux besoins du terrain (…). De créer une structure qui sera durable, légitime et qui aura permis de consulter l'ensemble des parties prenantes », insiste Najat Benali.
Cette rencontre a été l’occasion pour les acteurs musulmans invités d’évoquer « avec inquiétude » le projet de loi contre « l’entrisme islamiste » ; une initiative de l’exécutif qui vient après la loi dite « séparatisme » et qui « viendrait encore hystériser le débat ». Le projet de loi dans les tuyaux « inquiète sur le terrain, notamment au niveau associatif », dans un contexte où « les musulmans sont déjà montrés du doigt pour à peu près tout et n'importe quoi ». A ce jour, le gouvernement ne montre aucun signe d’un rétropédalage, à moins d’un an de l’élection présidentielle à gros enjeux. De quoi possiblement perturber la sérénité du dialogue entre les acteurs du Forif et les représentants de l'Etat dans les mois à venir.
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