Des assisses départementales de lutte contre les actes antireligieux ont lieu depuis le mois de juin 2026 à travers la France, ici dans la Haute-Garonne le 24 juin.
Le tout premier bilan annuel détaillé des actes antireligieux a été publié fin mai par le ministère de l’Intérieur. Le document de référence, établi par la Direction nationale du renseignement territorial (DNRT), en recense 2 489 en 2025. Il confirme un niveau « particulièrement élevé » et met en évidence une forte sensibilité du phénomène aux tensions de l’actualité nationale et internationale. Les actes antisémites restent les plus nombreux avec 1 320 faits, devant les actes antichrétiens (843) et les actes antimusulmans (326), ces derniers enregistrant toutefois la plus forte progression sur un an, avec une hausse de 88 % par rapport à 2024.
Les autorités retiennent surtout un constat : au-delà des différences selon les cultes, les atteintes aux personnes, les menaces, les dégradations de lieux de culte et la haine en ligne imposent une réponse plus importante et coordonnée. Le ministère souligne aussi que les statistiques demeurent en deçà de la réalité, une partie importante des victimes ne signalant pas les faits.
Les autorités retiennent surtout un constat : au-delà des différences selon les cultes, les atteintes aux personnes, les menaces, les dégradations de lieux de culte et la haine en ligne imposent une réponse plus importante et coordonnée. Le ministère souligne aussi que les statistiques demeurent en deçà de la réalité, une partie importante des victimes ne signalant pas les faits.
Des assises départementales pour faire parler des acteurs de terrain
C’est dans ce contexte que le ministère de l’Intérieur, à la demande du président de la République, Emmanuel Macron, a demandé à l’ensemble des préfets d’organiser, d’ici la mi-juillet, des assises territoriales de lutte contre les actes antireligieux. L’objectif est double : dresser un état des lieux au plus près du terrain et faire émerger des propositions concrètes en matière de prévention, d’accompagnement des victimes et de sécurisation.
Plusieurs réunions ont d’ores et déjà été organisées aux quatre coins de la France. Dans la Haute-Garonne le 24 juin, le Doubs le 23 juin, dans le Calvados le 19 juin, dans l’Aveyron le 11 juin… Dans les Vosges, une réunion organisée à Épinal le 17 juin a permis de rappeler que même un nombre limité de faits recensés appelle une vigilance constante, rapporte la presse locale. Les échanges ont porté sur le signalement, l’accompagnement des victimes et la qualité du dialogue entre services de l’État et responsables religieux.
« Face à ces atteintes à la liberté de culte, l'État ne lâche rien. Il poursuivra son action et renforcera le dialogue interconfessionnel à travers de nouvelles rencontres avec le public, notamment les jeunes et les scolaires », a assuré la préfecture du Calvados le 19 juin après sa réunion. Les rencontres départementales devront, par la suite, nourrir d'ici à l’automne 2026 une synthèse nationale appelée à déboucher sur un futur plan d’action interministériel.
Plusieurs réunions ont d’ores et déjà été organisées aux quatre coins de la France. Dans la Haute-Garonne le 24 juin, le Doubs le 23 juin, dans le Calvados le 19 juin, dans l’Aveyron le 11 juin… Dans les Vosges, une réunion organisée à Épinal le 17 juin a permis de rappeler que même un nombre limité de faits recensés appelle une vigilance constante, rapporte la presse locale. Les échanges ont porté sur le signalement, l’accompagnement des victimes et la qualité du dialogue entre services de l’État et responsables religieux.
« Face à ces atteintes à la liberté de culte, l'État ne lâche rien. Il poursuivra son action et renforcera le dialogue interconfessionnel à travers de nouvelles rencontres avec le public, notamment les jeunes et les scolaires », a assuré la préfecture du Calvados le 19 juin après sa réunion. Les rencontres départementales devront, par la suite, nourrir d'ici à l’automne 2026 une synthèse nationale appelée à déboucher sur un futur plan d’action interministériel.
Une mobilisation appuyée par les acteurs associatifs
La déclinaison territoriale des assises associe donc des représentants du monde associatif engagés dans la lutte contre les discriminations, à l’image de Bassirou Camara, président de l’Association de défense contre les discriminations et les actes antimusulmans (ADDAM) et membre du groupe de travail national chargé de suivre ces assises. Ce membre du Forum de l’islam de France (Forif) a participé à plusieurs réunions locales, notamment en Gironde, dans l’Hérault et en Haute-Garonne.
Son retour de terrain auprès de Saphirnews met en avant un point récurrent : la sous-déclaration des actes antireligieux, antimusulmans en particulier. Entre lassitude, défiance envers les institutions et sentiment d’une inutilité des démarches du fait du nombre trop important de classements sans suite, nombre de victimes ou de témoins renoncent encore à signaler les faits. Il souligne aussi la difficulté persistante à mieux qualifier et remonter ces actes dans les circuits institutionnels.
Bassirou Camara pousse à plusieurs recommandations au cours de ces rendez-vous avec les préfets, à commencer par « le renforcement de la formation des acteurs publics » dans l’accueil et l’accompagnement des victimes ou encore « la sécurisation durable des lieux de culte ». Constatant que « les appels à projet pour le programme de sécurisation des sites cultuels, nouvelle appellation du programme K, sont assez lourds et complexes pour les petites associations gérant des mosquées » du fait qu’ils n’ont « pas l’expertise ou les ressources pour pouvoir compléter le dossier de manière efficace », il en appelle à « la simplification des dispositifs de financement » pour permettre au plus grand nombre de lieux de culte d’en bénéficier. Selon le rapport détaillé du ministère de l’Intérieur, l’ex-programme K a financé 89 projets en 2025 pour 3,7 millions d'euros 363 488 euros pour le culte musulman, soit 23 % des projets. Loin derrière le culte chrétien (611 666 euros) et, surtout, le culte juif (2,7 millions d’euros).
Les premières assises ont fait émerger des préoccupations communes qui appellent notamment à une coopération plus étroite entre institutions et responsables religieux et associatifs. Il faut « reconnaitre pleinement le rôle des associations de terrain qui font un travail essentiel d’accompagnement et de captation de ces phénomènes, souligne Bassirou Camara. La lutte contre les actes antireligieux est un enjeu républicain majeur au-delà même d’un enjeu de protection de tel ou tel culte. La lutte contre les actes antisémites, antimusulmans, antichrétiens, participent tous d’un même combat, celui pour la dignité humaine, l’Etat de droit et la cohésion nationale ».
Lire aussi :
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