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Monde

Rachid Lahlou (Secours islamique) : « L'assainissement doit être couplé à l'accès à l'eau potable »

Rédigé par Pauline Compan | Mardi 13 Mars 2012

La ville de Marseille accueille la 6e édition du Forum mondial de l'eau. Du 12 au 17 mars, le Forum rassemble près de 20 000 participants, parmi lesquels des chefs d'Etat et de gouvernements, des sociétés privées du secteur de l'eau, des scientifiques mais aussi des ONG internationales. Rachid Lahlou est le président-fondateur du Secours islamique France (SIF). L'ONG est à Marseille, pour participer au 6e Forum mondial de l'eau. Elle entend interpeller les participants sur les inégalités d'accès à l'eau potable dans le monde et présenter son travail, dont l'eau constitue un trait fondamental.



Rachid Lahlou (Secours islamique) : « L'assainissement doit être couplé à l'accès à l'eau potable »
Dans la zone sahélienne, le changement climatique a aggravé les problèmes de sécheresse et par conséquence, le manque d’accès à l’eau potable. Actif dans cette région du monde, le SIF dénonce des « lacunes énormes » concernant l’assainissement et l’accès à l’eau potable. Il appelle désormais à une gestion « plus efficace et pérenne du secteur de l’eau et de la ressource ».

Au Forum mondial de l’eau, le SIF veut présenter son plan de développement de techniques adaptées au contexte, impliquant la population locale pour un meilleur système de répartition et d’accès à l’eau potable. Des recommandations résumées dans un rapport de 50 pages (à télécharger plus bas) qui sera remis aux acteurs du secteur de l’eau dans la région sahélienne.

Parmi les propositions, le SIF plaide notamment pour la mise en place d'une taxation sur les transactions financières internationales pour aider au financement du développement de l'accès à l'eau mais également pour des « des systèmes tarifaires équitables, qui ne pèsent pas de façon disproportionnée sur les populations les plus pauvres » auprès des gouvernements.

Saphirnews : Quels sont les objectifs de votre présence au Forum de l'eau ?

Rachid Lahlou : Nous sommes ici pour faire entendre la voix des populations qui n'ont pas accès à l'eau potable. Il faut porter les difficultés du terrain auprès des gouvernements et des sociétés privées. Nous venons y présenter notre programme et notre rapport de travail sur les problématiques liées à l'accès à l'eau potable dans le monde.

Vous êtes engagés dans cette action auprès d'autres organisations...

R.L : Nous sommes avec des représentants de 70 ONG du réseau « Effet papillon ». Sur place, à Marseille, nous multiplions les rencontres et les conférences pour informer les participants sur nos résultats de terrain, lors de nos intervention humanitaires.

L'eau tient une place primordiale dans vos interventions...

R.L : Lorsque nous arrivons sur place, après une catastrophe par exemple, distribuer de l'eau potable est toujours la première chose à faire.
Par la suite, le SIF développe également des programmes d'accès à l'eau potable de manière pérenne dans des régions touchées par ces difficultés. Par exemple, nous sommes présents au Tchad depuis cinq ans et nous avons été largement frappés par le manque d'eau autour de la capitale. Quand on creuse un puits, on rend la vie à la population, c'est pour cela que nous sommes soutenus par l'UNICEF ou encore le gouvernement français. Ce projet a résolu certains problèmes mais les inégalités en la matière demeurent.

L'eau reste une source de tensions dans de nombreuses régions...

R.L : D'après certaines prévisions, l'eau, mais plus précisément le manque d'eau ou le mauvais partage de l'eau, pourrait être à l’origine de guerres dans pas mal de régions. Je pense à la situation au Proche-Orient, mais aussi au Maghreb, sur lequel beaucoup d'études s’accordent à pointer le problème de la raréfaction de cette ressource. C'est aussi pour ces raisons que nous mettons en place sur le terrain des actions de sensibilisation aux économies d’eau, aussi à destination des musulmans qui n'ont pas besoin de tant d'eau pour pratiquer leurs ablutions.

Un autre Forum alternatif sur l'eau se tient en parallèle à Marseille ?

R.L : Nous y avons des collaborateurs et nous partageons certaines analyses comme le questionnement sur l'accès à l'eau pour tous et les difficultés pour certaines populations de payer pour avoir accès à l'eau potable.
Aujourd'hui, une sensibilisation sur l’assainissement qui doit être couplée avec l'accès à l'eau. C'est un enjeu crucial et particulièrement frappant dans les pays du Sud où l'assainissement est indispensable pour la santé humaine et animale et pour la pérennité des nappes phréatiques.
Il faut être plus exigeant avec les multinationales et les gouvernements, c'est aussi le sens de notre présence ici. Grâce à cette sensibilisation, nous espérons faire pencher la balance en faveur d'un accès plus juste à l'eau potable, car c'est un droit humain essentiel.






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