En foulant pour la première fois le sol algérien, le pape Léon XIV ouvre une page inédite de l’histoire des relations entre le Vatican et le monde musulman. Ce déplacement de deux jours, à la fois spirituel et diplomatique, s’inscrit dans une volonté continue du Vatican de promouvoir le dialogue interreligieux. Le souverain pontife lui-même a évoqué son souhait de poursuivre « le rapprochement entre les mondes chrétien et musulman » après son voyage au Liban et en Turquie en décembre 2025.
Le choix de l’Algérie ne relève pas du hasard. Le souverain pontife, en tant que membre de l’Ordre de Saint-Augustin, se rend dans le pays qui se trouve être le berceau de Saint Augustin d’Hippone (354 – 430), une figure majeure du christianisme avec qui le pape entretient un lien spirituel fort. « Je suis fils de Saint Augustin, qui a dit : "Avec vous, je suis chrétien et pour vous, évêque" », avait lancé Léon XIV lors de sa première intervention publique après son élection en mai 2025. En se rendant, mardi 14 avril, à Annaba, ancienne Hippone abritant la basilique Saint-Augustin, Léon XIV marche symboliquement sur les traces de son maître, renforçant ainsi la dimension spirituelle du voyage.
Avant ce pèlerinage, le pape a entamé son voyage par une rencontre avec les autorités algériennes. Après avoir été accueilli en personne par le président Abdelmadjid Tebboune, il a rendu hommage aux morts de la guerre d’indépendance contre la France devant le Mémorial du martyr d’Alger. « Me trouver devant ce monument est un hommage à cette histoire de l’Algérie et à l’âme d’un peuple qui s’est battu pour l’indépendance, la dignité et la souveraineté de cette nation », a-t-il déclaré, appelant au « pardon » dans un contexte de fortes tensions entre Paris et Alger. Quelques jours plus tôt, Léon XIV rencontrait Emmanuel Macron au Vatican, où les discussions ont porté « sur des questions importantes d'ordre international, avec un échange de vues sur les situations de conflit dans le monde, souhaitant pouvoir rétablir la coexistence pacifique par le dialogue et la négociation » selon le Saint-Siège.
La visite papale est aussi d’un soutien précieux pour la communauté chrétienne en Algérie, qui ne compte que quelques milliers de fidèles catholiques – moins de 10 000 – sur les 47 millions d’habitants. L’ONG Aide à l'Église en détresse (AED) porte un regard globalement critique sur la situation de la liberté religieuse en Algérie, pays où l'islam est religion d'État. Si l’organisation ne classe pas le pays parmi les pires pratiquant des persécutions religieuses, elle souligne des discriminations persistantes envers les chrétiens.
Pour le cardinal et archevêque d’Alger Jean-Paul Vesco, en première ligne pour accueillir le pape, cette visite historique ne concerne pas uniquement la minorité catholique. « Le pape va rencontrer tout le peuple algérien », a déclaré le leader religieux au portail catholique suisse Cath. « Le nombre d’Algériens qui veulent voir le pape est très important. Beaucoup pensent que le voyage n’intéresse que les chrétiens mais c’est faux. Évidemment, on ne peut pas attendre d’un peuple musulman qu’il prépare la venue d’un pape comme un peuple chrétien le ferait. Mais de toute façon, les enjeux ont été "gagnés" dès que le pape a accepté de venir. (…) Quoi qu’il se passe, ce sera beau. Le peuple algérien porte cette dimension d’accueil, d’hospitalité, d’ouverture à l’autre, la bienveillance algérienne est dans le cœur de l’Algérie. Ils sont honorés par cette visite ».
La dernière visite d'un souverain pontife au Maghreb remonte à mars 2019, lorsque le pape François s'était rendu au Maroc. Après l'Algérie, le pape se rendra au Cameroun, en Angola et en Guinée équatoriale. Son voyage apostolique prendra fin le 23 avril.
Lire aussi :
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Avant ce pèlerinage, le pape a entamé son voyage par une rencontre avec les autorités algériennes. Après avoir été accueilli en personne par le président Abdelmadjid Tebboune, il a rendu hommage aux morts de la guerre d’indépendance contre la France devant le Mémorial du martyr d’Alger. « Me trouver devant ce monument est un hommage à cette histoire de l’Algérie et à l’âme d’un peuple qui s’est battu pour l’indépendance, la dignité et la souveraineté de cette nation », a-t-il déclaré, appelant au « pardon » dans un contexte de fortes tensions entre Paris et Alger. Quelques jours plus tôt, Léon XIV rencontrait Emmanuel Macron au Vatican, où les discussions ont porté « sur des questions importantes d'ordre international, avec un échange de vues sur les situations de conflit dans le monde, souhaitant pouvoir rétablir la coexistence pacifique par le dialogue et la négociation » selon le Saint-Siège.
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Pour le cardinal et archevêque d’Alger Jean-Paul Vesco, en première ligne pour accueillir le pape, cette visite historique ne concerne pas uniquement la minorité catholique. « Le pape va rencontrer tout le peuple algérien », a déclaré le leader religieux au portail catholique suisse Cath. « Le nombre d’Algériens qui veulent voir le pape est très important. Beaucoup pensent que le voyage n’intéresse que les chrétiens mais c’est faux. Évidemment, on ne peut pas attendre d’un peuple musulman qu’il prépare la venue d’un pape comme un peuple chrétien le ferait. Mais de toute façon, les enjeux ont été "gagnés" dès que le pape a accepté de venir. (…) Quoi qu’il se passe, ce sera beau. Le peuple algérien porte cette dimension d’accueil, d’hospitalité, d’ouverture à l’autre, la bienveillance algérienne est dans le cœur de l’Algérie. Ils sont honorés par cette visite ».
La dernière visite d'un souverain pontife au Maghreb remonte à mars 2019, lorsque le pape François s'était rendu au Maroc. Après l'Algérie, le pape se rendra au Cameroun, en Angola et en Guinée équatoriale. Son voyage apostolique prendra fin le 23 avril.
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