Né à Cordoue, mort à Marrakech, le philosophe andalou Ibn Rushd, de son nom latinisé Averroès (1126-1198), fut tout à la fois juge, juriste, médecin et commentateur inlassable d'Aristote, au point d'être surnommé le « Commentateur » du « Philosophe » par les scolastiques latins.
L'Institut du monde arabe (IMA) lui rend hommage. Fidèle à sa formule, Falsafa, les rendez-vous de la philosophie arabe, propose une rencontre le premier mardi de chaque mois, sous la houlette de Jean-Baptiste Brenet, professeur de philosophie arabe à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, en partenariat avec Philosophie Magazine, afin de mettre en lumière « la pensée d’Averroès et son influence durable sur la philosophie, la science et le dialogue des cultures ». La saison s'est ouverte en octobre 2025 par une séance inaugurale de Jean-Baptiste Brenet lui-même, intitulée « Averroès, pour quoi faire ? », posant d'emblée la question de l'actualité du penseur cordouan.
Le programme déploie depuis une cartographie remarquablement large de l'œuvre averroïste. Safia Zghal a interrogé sa place dans la Nahda, la Renaissance arabe ; Salima Zouaghi a exploré l'Averroès géographe à travers la théorie des climats ; Lucie Tardy a rejoué le grand duel intellectuel qui a opposé Averroès à Al-Ghazali autour de la philosophie, que ce dernier voyait comme une démarche « hérétique » ; David Lemler a éclairé la postérité juive d'Ibn Rushd à travers Maïmonide.
Plus surprenant, mais révélateur de l'ambition du cycle, Jean-Baptiste Brenet a proposé en mars une séance intitulée « Averroès et l'intelligence artificielle », signe que la pensée du natif de Cordoue sur l'intellect commun continue d'irriguer les débats les plus contemporains. Ziad Bou Akl a poursuivi en avril sur la confrontation d'Averroès aux théologiens du kalam, et Cristina Cerami a dernièrement abordé, début mai, une question redoutablement actuelle : « Qu'est-ce qu'être une femme ? Averroès et la définition de l'humain ».
Reste une dernière séance pour clore la saison : le 2 juin prochain, Joël Chandelier exhumera la figure de l'« Averroès médecin oublié », rappelant que le philosophe fut aussi l'auteur du Kulliyyāt, somme médicale qui fit longtemps autorité.
L'entrée est gratuite dans la limite des places disponibles, et l'ensemble des séances est accessible en podcast sur le site de l'IMA, façon discrète mais éloquente de rappeler que la pensée d'Ibn Rushd, neuf siècles après sa naissance, demeure un foyer vivant entre les rives de la Méditerranée.
L'Institut du monde arabe (IMA) lui rend hommage. Fidèle à sa formule, Falsafa, les rendez-vous de la philosophie arabe, propose une rencontre le premier mardi de chaque mois, sous la houlette de Jean-Baptiste Brenet, professeur de philosophie arabe à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, en partenariat avec Philosophie Magazine, afin de mettre en lumière « la pensée d’Averroès et son influence durable sur la philosophie, la science et le dialogue des cultures ». La saison s'est ouverte en octobre 2025 par une séance inaugurale de Jean-Baptiste Brenet lui-même, intitulée « Averroès, pour quoi faire ? », posant d'emblée la question de l'actualité du penseur cordouan.
Le programme déploie depuis une cartographie remarquablement large de l'œuvre averroïste. Safia Zghal a interrogé sa place dans la Nahda, la Renaissance arabe ; Salima Zouaghi a exploré l'Averroès géographe à travers la théorie des climats ; Lucie Tardy a rejoué le grand duel intellectuel qui a opposé Averroès à Al-Ghazali autour de la philosophie, que ce dernier voyait comme une démarche « hérétique » ; David Lemler a éclairé la postérité juive d'Ibn Rushd à travers Maïmonide.
Plus surprenant, mais révélateur de l'ambition du cycle, Jean-Baptiste Brenet a proposé en mars une séance intitulée « Averroès et l'intelligence artificielle », signe que la pensée du natif de Cordoue sur l'intellect commun continue d'irriguer les débats les plus contemporains. Ziad Bou Akl a poursuivi en avril sur la confrontation d'Averroès aux théologiens du kalam, et Cristina Cerami a dernièrement abordé, début mai, une question redoutablement actuelle : « Qu'est-ce qu'être une femme ? Averroès et la définition de l'humain ».
Reste une dernière séance pour clore la saison : le 2 juin prochain, Joël Chandelier exhumera la figure de l'« Averroès médecin oublié », rappelant que le philosophe fut aussi l'auteur du Kulliyyāt, somme médicale qui fit longtemps autorité.
L'entrée est gratuite dans la limite des places disponibles, et l'ensemble des séances est accessible en podcast sur le site de l'IMA, façon discrète mais éloquente de rappeler que la pensée d'Ibn Rushd, neuf siècles après sa naissance, demeure un foyer vivant entre les rives de la Méditerranée.







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