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Sur le vif

La religion se banalise de plus en plus au travail

Rédigé par La Rédaction | Mercredi 22 Avril 2015



La religion se banalise de plus en plus au travail
En 2015, 23 % des managers ont été confrontés au fait religieux au travail en entreprise de façon quotidienne, hebdomadaire ou mensuelle. En 2014, ils n'étaient que 12 %, selon une enquête de l’Institut Randstad et de l'Observatoire du fait religieux en entreprise (OFRE), menée pour la troisième année consécutive et publiée mardi 21 avril.

Un manager sur deux a déjà été confronté au moins une fois à la question. Les demandes les plus fréquentes concernent les demandes d'absence pour une fête religieuse (19 %), le port de signes religieux (croix, kippa, foulard, turban...) rencontré par 17 % des personnes interrogées et les demandes d'aménagement d'horaires (12 %).

Selon les auteurs de l'enquête, ce résultat traduit une sorte de « banalisation » de ces sujets. Les employés sont plus à l'aise à formuler ce genre de demandes et donc à afficher leurs croyances.

Plus rare, mais en évolution, sont les demandes de prières pendant les pauses. Les cas de blocages plus ou moins important concerne les demandes de prières pendant le temps de travail mais aussi le refus de travailler avec une femme. Toutefois, dans la grande majorité des cas, ces problèmes sont gérés de façon apaisée : 94 % des cas ne provoquent ni conflit ni blocage. Les cas les plus extrêmes mènent à des accusations de racisme ou de discrimination et la remise en cause de la légitimité de l'entreprise ou de l'encadrant.

Si, dans le public, la question de la neutralité ne se pose pas, ce n'est pas le cas dans les entreprises publiques. Les blocages sont surtout le fait d'une méconnaissance des managers sur le fait religieux.

« Tout le monde n'est pas à l'aise avec le fait religieux. Tout le monde ne connaît pas l'ensemble des religions, ni les us et coutumes qui sont liés à chaque religion », explique a Radio classique, Carole Couvert, à la tête du syndicat des cadres CFE-CGC. Pour elle, il n'y a pas de hausse des « problèmes de fait religieux », mais davantage de difficultés à « comprendre les besoins par rapport à certaines religions, par exemple le respect de certains temps de prière, de certaines périodes de l'année comme le Ramadan ».

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