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Religions

Islam de France : avant la plénière, ce qu’il faut savoir des premières propositions du FORIF

Rédigé par | Lundi 24 Janvier 2022 à 18:00

           

Alors que l'agenda se précise dans l'organisation du Forum de l'islam de France (FORIF), les réflexions engagées par les quatre groupes de travail constitués pour l'occasion ont donné lieu à une série de propositions. Saphirnews fait un point d'étape.



Islam de France : avant la plénière, ce qu’il faut savoir des premières propositions du FORIF
C’est officiel : le Forum de l’islam de France (FORIF) organise sa réunion inaugurale samedi 5 février à Paris, plus précisément au Conseil économique social et environnemental (CESE) plutôt qu'à Place Beauvau. Gérald Darmanin, en sa qualité de ministre de l’Intérieur chargé des Cultes, sera présent.

La session plénière, qui sera précédée le matin d'une troisième réunion des groupes de travail, représentera une étape cruciale dans la restructuration du dialogue entre les pouvoirs publics et les acteurs du culte musulman. Elle réunira une centaine de personnes, dans un format proche de celui des instances de dialogue avec l’islam initiées après les attentats de 2015 d’abord à l’échelle nationale, puis territoriale.

L'agenda a été précisé à l’issue d’une série de réunions organisées en visioconférence, avec le concours actif du Bureau central des cultes du ministère de l’Intérieur, lors des deux premières semaines du mois de janvier. Quatre groupes de travail ont été constitués sur des sujets jugés prioritaires à l’issue des Assises territoriales de l’islam de France : la professionnalisation et le recrutement des imams, de l’organisation et du fonctionnement des aumôneries, de la lutte contre les actes antimusulmans et la sécurité des lieux de culte, et de l’application de la loi confortant le respect des principes de la République. Que faut-il retenir des échanges établis dans ce cadre ?

Vers une nouvelle autorité cultuelle nationale pour les aumôneries ?

Une synthèse a été remise aux participants ainsi qu'aux préfectures, elles-mêmes chargées d'assurer sa diffusion aux associations et acteurs locaux du culte musulman. Dans le document que Saphirnews a pu consulter, notons que la structuration formelle du FORIF dont le fonctionnement se rapproche du modèle allemand n’est pas évoquée.

Du côté du groupe dédié à la professionnalisation et au recrutement des imams, les participants sont activement engagés dans un travail de définition du statut du ministre du culte musulman. En tenant compte du fait que « la majorité des imams n’a pas de formation identifiée » et que la fin du système des imams détachés est actée pour 2024, une réflexion approfondie sur la question de la formation, « particulièrement importante en ce qu’elle repose sur la responsabilité seule des acteurs du culte et constitue la garantie essentiel de la pleine insertion du culte musulman dans la société française », est elle aussi engagée, sans pour le moment qu’elle n’ait abouti à des propositions concrètes.

En revanche, du côté du groupe dédié à l’organisation et au fonctionnement des aumôneries, « la réforme majeure du format de dialogue entre les pouvoirs publics et le culte musulman, avec la création du FORIF, implique la constitution d’une nouvelle autorité cultuelle de nomination et d’accompagnement des aumôneries », au nombre de trois aujourd’hui (militaire, pénitentiaire et hospitalière). Cette structure « devra présenter des garanties d’indépendance, de représentativité et d’ouverture pour constituer un interlocuteur des pouvoirs publics », fait-on savoir.

Loi séparatisme, actes antimusulmans, quelles propositions ?

Le groupe de travail sur l’application de la loi dite « séparatisme » se propose, pour sa part, de se transformer en « un groupe de contact » entre les pouvoirs publics et les associations cultuelles, avec pour mission d’accompagner et de former ces dernières « vis-à-vis de leurs nouvelles obligations et possibilités créées par la loi ». « L’application progressive de la loi a pu troubler les acteurs associatifs qui manifestent une réelle volonté d’adapter la situation de leur association au nouveau cadre légal, ce qui implique la nécessité de mettre à leur disposition des moyens accessibles », lit-on dans le document.

Enfin, du côté du groupe de travail chargé de la sécurité des lieux de culte et de la lutte contre les actes antimusulmans, en augmentation ces dernières années, il s’est dégagé la nécessité de mettre en place une structure dédiée qui serait « l’interlocuteur des services de l’Etat au niveau territorial puis au niveau central ». « Il ne s’agira pas d’une instance de représentation des musulmans, mais d’une structure légitime parce que professionnelle et experte », prévient-on.

Le CFCM toujours pris dans des querelles internes

La préparation de la première session du FORIF intervient alors que les querelles au sein du Conseil français du culte musulman (CFCM), déclaré « mort » par les pouvoirs publics, perdurent, aujourd’hui autour de la présidence intérimaire de l’instance mais aussi de sa dissolution, une option ardemment soutenue par le président de l’Union des mosquées de France (UMF), Mohammed Moussaoui.

Plusieurs fédérations réclament la tenue d’une réunion du Conseil d’administration pour discuter du « devenir du CFCM » plutôt qu’une Assemblée générale extraordinaire dédiée à la dissolution du CFCM, décrit dernièrement par Musulmans de France (MF) comme une « grande instance qui a su, malgré ses manquements évidents, regrouper toutes les tendances de l’islam de France et représenter leur culte de façon digne et responsable pendant vingt années ». L’échec est pourtant patent. Face à ce constat, le FORIF semble être un format d’échanges plein de promesses pour avancer dans des dossiers relatifs à l'organisation du culte musulman qui n’ont que trop pris de retard. A charge aux acteurs engagés dans le FORIF de poursuivre les travaux au-delà de la première séance – une étape de communication – afin de rendre concrets des pistes d’action.

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Rédactrice en chef de Saphirnews En savoir plus sur cet auteur