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Sur le vif

Inde : de violents affrontements au Karala après l’entrée de femmes au temple de Sabarimala

Rédigé par Lina Farelli | Vendredi 4 Janvier 2019



Inde : de violents affrontements au Karala après l’entrée de femmes au temple de Sabarimala
Dans l’État du Kerala au sud de l’Inde, des heurts ont éclaté après que deux femmes, aujourd’hui placées sous protection policière, sont entrées, mercredi 2 janvier à l’aube, dans le temple de Sabarimala, l’un des sanctuaires les plus sacrés dans la religion hindoue.

Le temple de Sabarimala se situe, depuis une vingtaine d’années, au cœur d’un combat juridique entre des hindous traditionalistes, soutenus par le BJP, parti du Premier ministre indien Narendra Modi, et des partisans des groupes de défense de droits de l’homme. En effet, à la différence de la quasi-totalité des temples hindous qui ferment leurs portes aux femmes ayant leurs règles, celui de Sabarimala interdit à toutes femmes âgées entre 10 et 50 ans d’intégrer les lieux car considérées comme impures. Or, les deux femmes sont quadragénaires.

Au mois de septembre 2018, la Cour suprême indienne a annulé cette interdiction qu’elle a jugée discriminatoire envers les femmes susceptibles d’avoir des menstruations. Quelques semaines avant l’entrée de ces deux femmes au temple à l’insu des traditionalistes, des affrontements ont déjà eu lieu entre ces derniers et ceux qui soutiennent la décision de la Cour suprême.

Des femmes unies pour former une chaîne de 620 km

« Nous ne sommes pas entrées en gravissant les 18 marches sacrées, mais en empruntant l’entrée du personnel », a expliqué l’une des deux femmes entrées dans le temple, vêtues de noir et avant l’aube, accompagnées d’une escorte policière. Dès que l’information a été divulguée, des hindous traditionalistes ont manifesté, notamment devant le siège du parlement à Thiruvananthapuram où les forces de l’ordre ont dû user de gaz lacrymogènes, de canon à eau et de grenades incapacitantes pour disperser la foule. Les affrontements du 2 janvier ont causé la mort d’un manifestant blessé à la suite d’un jet de pierre et en a blessé une quinzaine d’autres. Un millier de manifestants ont été arrêtés.

De leur côté, les partisans de la levée de l’interdiction ont formé une chaîne humaine baptisée « Mur des femmes » pour soutenir la décision de la Cour suprême qui examinera l’appel déposé par la partie adverse, le 22 janvier prochain. Des dizaines de milliers de femmes ont fait acte de présence pour former un mur long de 620 km.

Les tensions demeurent vivent dans la région d'autant qu'une troisième femme est entrée dans le sanctuaire tard jeudi soir. Après l'entrée des femmes au temple de Sabarimala, les responsables du temple ont annoncé la fermeture du sanctuaire pour l’accomplissement d’un rituel de purification.

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