Connectez-vous S'inscrire






Sur le vif

En Inde, un village interdit les prénoms musulmans, les prières en public et la barbe

Rédigé par Lina Farelli | Lundi 24 Septembre 2018



En Inde, un village interdit les prénoms musulmans, les prières en public et la barbe
Le Conseil des anciens d'un village indien situé dans l'Etat de l'Haryana a décidé d'interdire, mardi 18 septembre, les prénoms dits musulmans pour les nouveaux-nés, les prières en public et le port de la barbe. Cela se passe à Titoli, dans le nord de l'Inde, qui compte une majorité d'hindous. Ces décisions interviennent après la mort d’un veau en août, un décès que les habitants ont attribué à un musulman, bien que les circonstances de la mort de l’animal restent jusque-là inconnues.

Outre ces interdictions, le président de l’association des résidents Suresh Nambardar, a affirmé que la parcelle de terrain utilisé par les musulmans pour les rites funéraires allait être prise par le Conseil des anciens (ou panchayat) et qu’un autre terrain situé à l’extérieur du village leur serait accordé à la place.

Selon Rajbir, un représentant musulman local cité par The Telegraph, les quelque 800 musulmans vivant dans le village ont accepté la décision du panchayat afin de « maintenir l'harmonie ». Il a rappelé que les musulmans du village avaient gardé « leurs noms hindous depuis la Partition (en 1947, ndlr) et ne porte pas de barbe ou de bonnet ».

Puisqu'il leur ait également interdit de célébrer la prière à l’extérieur de leur foyer, Rajbir a laissé entendre qu’ils allaient dès lors parcourir « environ 8 à 10 km jusqu’à la ville de Rohtak pour célébrer la prière les vendredis et en d’autres occasions », le village n’ayant pas encore de mosquée.

La décision n'a rien de constitutionnel mais, à ce jour, rien n'est entrepris pour mettre fin à ces mesures discriminatoires. Une association locale a condamné cette décision qui pousserait les musulmans à se résigner par peur de subir des représailles.

Lire aussi :
Unique en Inde, une famille hindoue est gardienne d'une mosquée depuis des décennies