Connectez-vous S'inscrire






Sur le vif

Sous occupation, Hébron commémore les 25 ans du massacre de la mosquée Ibrahim

Rédigé par Benjamin Andria | Lundi 25 Février 2019



Sous occupation, Hébron commémore les 25 ans du massacre de la mosquée Ibrahim
Vingt-cinq ans sont passés mais les cicatrices peinent à se refermer à Hébron. Cette ville de la Cisjordanie occupée commémore ce lundi 25 février le triste anniversaire du massacre de la mosquée Abraham (Ibrahim), connu pour abriter le Tombeau des Patriarches aussi partagé par les juifs.

C’était un 25 février, un vendredi du mois de Ramadan de l'année 1994. Alors que des fidèles musulmans, principalement des personnes âgées, se réunissent dans la salle de prière de la mosquée pour la prière de l'aube (fajr), Baruch Goldstein, un colon américano-israélien membre du parti d’extrême droite anti-arabe Kach, a pénétré au sein du lieu de culte à travers son unique entrée, muni d’une mitraillette. Sous ses balles, 29 fidèles musulmans perdent la vie tandis que 150 autres se retrouvent blessés.

Vingt-cinq ans après le drame, Hébron, divisée par de multiples check-points, ne se relève pas tant l'occupation et la colonisation étouffent le quotidien des habitants palestiniens. Israël a par ailleurs mis fin en janvier au mandat de la Présence internationale temporaire à Hébron (PITH), une mission internationale d'observateurs déployée dans la ville depuis le massacre survenu dans la mosquée, alors que les tensions y demeurent vives. Un millier de colons, protégés en permanence par l’armée israélienne, vivent au milieu de 200 000 Palestiniens.

Dans le même temps, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a obtenu ce mois de février l'union des partis d'extrême droite afin d'assurer sa future coalition gouvernementale en cas de victoire aux élections législatives du 9 avril. Il compte parmi ses soutiens le parti Force juive qui se revendique comme héritier du mouvement Kach, qui avait été interdit en Israël après le massacre à Hébron. La voie vers une renaissance aux urnes d'un parti raciste est bel et bien ouverte, avec la bénédiction des autorités israéliennes.

Lire aussi :
Massacre de la mosquée Hébron : l’odieux éloge de la LDJ au tueur