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Hijab and the City

Lévi-Strauss, l'identité nationale et le livret A

Rédigé par Mariame Tighanimine | Lundi 9 Novembre 2009

Il est mort ! Pas le soleil, Claude Lévi-Strauss. « Et alors ? » me diront certain(e)s. Et je leur accorde, qu’est-ce qu’on s’en moque ! Sauf que tout le monde n’est pas de cet avis. Les médias, les gens intelligents, les réacs, les gens qui puent la naphtaline… et une ancienne camarade de classe avec qui j’étais en TD d’anthropologie en première année de licence y a looooongtemps !



Lévi-Strauss, l'identité nationale et le livret A
J’ai toujours détesté les feuilles d’appel qui tournaient avant chaque début de cours, et qui comprenaient les noms, prénoms et mails des élèves de la classe. C’est sûrement à cause d’elles que la camarade L. a eu mon adresse et m’a envoyé un message plein de tristesse suite à la mort « du plus grand penseur de tous les temps »… snif ! Encore plus dithyrambique que les petites hagiographies auxquelles on a eu droit dans les médias, sans parler des oraisons funèbres de quelques profs d’anthropologie au conformisme et au charlatanisme qui mettent à l’amende tous les journalistes de France Culture !

Claude Lévi-Strauss en a écrit des choses, notamment sur l’islam dans ses Tristes Tropiques. C’était pas très sympatoche, n’est-ce pas, mais il paraît que lui aussi comme tant d’autres, c’était un homme de son temps et surtout un homme de terrain qui n’a fait que décrire ce qu’il voyait dans un contexte particulier. Bizarre, y a qu’avec cette religion qu’il était aussi ordurier mais, bon, on doit quand même lui reconnaître deux choses à Cloclo.

La première, c’est que sans lui on aurait jamais eu de grands penseurs comme Foucault ou encore Bourdieu. La seconde, c’est que grâce à son Race et Histoire (entre autres), j’ai découvert le côté obscur de l’anthropologie. « Vous verrez, mademoiselle, ce livre, c’est le manifeste par excellence de l’antiracisme et du combat contre l’ethnocentrisme », m’avait dit ma prof-aventurière qui parcourait l’Amérique latine à la recherche du crâne de cristal (où c’était Indiana Jones ?).

Que de gros mots pour la jeune étudiante que j’étais ! Des gros mots encore et toujours d’actualité, à l’heure où l’on parle d’assimilation, d’identité nationale, d’intégration et j’en passe au sein de notre géométrique et doux Hexagone !

Oui, en 2009, en France, alors que dans d’autres pays on essaye de résoudre des questions éminemment plus intéressantes et surtout importantes, qui ont trait à l’économie, à l’environnement, au vivre-ensemble, etc. Ici, on vient nous marteler qu’être Français, c’est nier son identité, ses origines, ses croyance et son couscous !

« La maitresse du président » sur France 3 samedi soir, ou « La Môme » sur TF1 dimanche en première partie de soirée auraient pu vous aider à être un peu plus Français…

« L’identité nationale… on s’en moque encore plus que de la mort de l’inventeur du blue-jeans… »
Hahaha, comme je suis d’accord ! Des bavardages oiseux mais symptomatiques d’une France qui part à la dérive, qui n’ont d’écho que dans les rédactions et les salons parisiens. Les petites gens ont faim, et ne se préoccupent que de ce que rapporte leur livret A. Le reste...


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