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Sur le vif

Les lycéens de l’Académie de Nantes invités à venir en jupe

Rédigé par La Rédaction | Mercredi 14 Mai 2014



Les lycéens de l’Académie de Nantes invités à venir en jupe
Surprenant. L'académie de Nantes invite les élèves, filles et garçons confondus, à venir au lycée en jupe, vendredi 16 mai. L’objectif de cette opération baptisée « Ce que soulève la jupe » est de faire réfléchir « sur les différentes formes de discriminations, de sexisme et de préjugés à l’égard des filles », indique un communiqué de l’académie de Nantes.

Plus discrets, les lycéens - comme le personnel des établissements invité également à participer à cette journée - peuvent également simplement porter un autocollant « Je lutte contre le sexisme, et vous ? ». Des débats et cafés citoyens seront également organisés dans les lycées qui proposeront aussi des affichages sur la thématique du sexisme.

L’idée de cette opération, qui a reçu l’aval du rectorat, vient de lycéens élus au Conseil académique à la vie lycéenne (CAVL), un organisme dépendant du ministère de l’Education nationale chargé de formuler des avis sur les questions relatives à la vie scolaire et au travail scolaire des lycéens.

Cette journée bien particulière avait déjà eu lieu dans 20 lycées de l’académie de Nantes, le 12 avril 2013. Pour cette 2e édition, 27 établissements ont décidé d’y participer. Mais alors que la première édition s’était déroulée dans l’indifférence, la nouvelle édition s’attire une vague de critiques avec, en toile de fond, le débat sur la théorie du genre. L’utilité et la pertinence de cette action qui propose aux garçons de se déguiser en filles ont de quoi être sérieusement interrogées.

Du rouge à Lèvres pour filles et garçons

Les militants anti-théorie du genre à l’école ont trouvé une nouvelle occasion de se mettre en rogne contre l’Education nationale. « Et les filles, elles portent une barbe ? », s’est offusquée, mercredi 14 mai Frigide Bardot, l’ancienne égérie de la Manif pour Tous sur Twitter. Christine Boutin a également dénoncé une telle action sur le réseau social.

« Vendredi 16 mai à l'école, Une journée de la jupe pour les filles... et pour les garçons. Ou comment transformer les garçons en Conchita pendant que les parents travaillent », a dénoncé pour sa part Farida Belghoul, l’initiatrice des Journées de retrait de l’école (JRE) en référence à Conchita Wurst, un transsexuel autrichien grand gagnant de l’Eurovision 2014. Cette dernière y voit la preuve de l’introduction de la théorie du genre dans les écoles françaises. « L'école va mal. Très mal. De plus en plus mal », écrit-t-elle sur la page Facebook des JRE, donnant pour exemple le cas du lycée Georges Clemenceau de Nantes, où les lycéens ont le choix de porter une jupe ou de se mettre du rouge à lèvres.

La section nantaise de la Manif pour Tous prévoit justement de manifester, jeudi 13 mai, devant ce lycée, indique le site d’informations sur la Bretagne Breizh-info. « Sous prétexte de lutter contre le sexisme, on utilise nos enfants comme cobayes d’une initiative politique, idéologique, encore une fois diligentée par une minorité LGBT agissante et politicienne militante », déclare le collectif, qui précise que cette action « marque le début d’une vaste action locale et nationale que nous allons lancer dans les prochains jours pour le retrait des "ABCD de l’égalité". Sous couvert d’égalité, on nous impose l’idéologie du genre. Nous n’en voulons pas, ni à Clemenceau, ni ailleurs ! ».

Devant toutes ces critiques, le rectorat a répliqué mercredi. « L'académie de Nantes ne demande pas aux garçons de venir en jupe », a assuré le porte-parole du rectorat parlant d’une « action de lutte contre le sexisme », qui consistera « principalement en un temps d'échange sur les discriminations sexistes et les moyens éventuels d'y remédier dans la vie du lycée ».

« Il ne s'agit en aucun cas de se déguiser ou d'une journée de folklore, surtout en période d'examen : l'an dernier pour la première édition le 12 avril 2013, ce sont surtout des filles qui sont venues en jupes, parfois même, de manière symbolique, sur des pantalons, et chez les garçons, il y a peut être eu deux ou trois kilts », a-t-il poursuivi. « Se mettre en jupe n'est pas le propos de cette action », a encore martelé le porte-parole. L'académie n'oblige à rien auprès des lycéens, certes, mais la polémique enfle dans la région qui devrait pousser le ministère de l'Education à réagir.