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Sur le vif

Le conseil municipal d'Angers s'oppose à l'unanimité à la cession d'une mosquée au Maroc

Rédigé par Lina Farelli (avec AFP) | Mardi 27 Octobre 2020 à 13:00

           


Le conseil municipal d'Angers s'oppose à l'unanimité à la cession d'une mosquée au Maroc
Le conseil municipal d’Angers s’est opposé à l’unanimité, lundi 26 octobre, à la cession de la mosquée d’Angers au Maroc. Cette décision intervient un mois après l’assemblée extraordinaire organisée par l’Association des musulmans d’Angers (AMA) à l’issue de laquelle ses membres avaient voté pour la cession de leur lieu de culte, actuellement en construction, au ministère des Habous et des Affaires Islamiques.

Ce vote a été motivé par l’AMA du fait qu’elle est en proie à des difficultés financières qui empêchent les porteurs du projet de mosquée Abou Bakr Essedik de finir les travaux, débutés en 2014.

Le conseil municipal, tout en rappelant son attachement « au libre exercice des cultes » et son respect du « souhait de la communauté musulmane de disposer d’un lieu de culte digne permettant aux croyants de pratiquer leur religion », s’est opposé à la cession, au motif que le contrat de vente du terrain s’oppose à une revente des biens par l’acquéreur avant la fin des travaux, sauf autorisation expresse de l’aménageur.

« Après avoir entendu les différentes parties, après avoir sollicité des avis extérieurs et après avoir pris le temps de la réflexion, le conseil municipal ne souhaite pas qu’un accord soit donné par l’aménageur sur cette cession qui ne respecte pas le cadre légal du contrat initial », indique la délibération.

« La cession de la future mosquée à un pays étranger ne correspond pas à la neutralité souhaitée pour la réalisation et le fonctionnement futur d’un tel équipement », a aussi fait savoir le conseil municipal.

« Agrandir les revenus nationaux – pas des revenus d'État – l’aurait aidé à ne pas basculer sous une tutelle étrangère même si le Maroc est un pays ami, comme l’Algérie ou la Tunisie. Il est préférable qu’un lieu de culte appartienne aux fidèles en tant que tels », avait fait savoir deux semaines plus tôt auprès de Saphirnews le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, qui entend inciter les associations cultuelles musulmanes à basculer vers le régime de la loi de 1905.

« Dans la loi de 1905 améliorée, ce qui est proposé au culte musulman comme à tous les autres cultes est de disposer d’un financement plus national et moins étranger », avait-il alors signifié.

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