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Sur le vif

La défense magistrale de Decathlon face à la polémique suscitée par le hijab de running en France

Rédigé par Lina Farelli | Mardi 26 Février 2019



La défense magistrale de Decathlon face à la polémique suscitée par le hijab de running en France
Emboîtant le pas d’autres fabricants d’équipements de sport à l’instar de Nike, Decathlon entend mettre en vente en France, d’ici au mois de mars, un « hijab de running ».* Si la marque admet qu’il y a eu erreur de publication et que le hijab en question n’est actuellement disponible que pour la version marocaine de la plateforme, Decathlon est bien décidé à voir son produit commercialisé en France.

Sur la page du produit, supprimé depuis, Decathlon assure que « ce vêtement en polyester permettra à celles qui décideront de le porter de gagner en confort lors de leurs séances ». Le voile sportif a été « testé plusieurs fois par vingt femmes qui portent habituellement le hijab », ajoute le descriptif et a été « validé pour son confort et sa respirabilité ».

Angélique Thibault, responsable de la marque Kalenji, fabricant de ce hijab sportif, a expliquén lundi 25 février, au Figaro que « ce couvre-tête a été co-créé avec nos équipes de Decathlon Maroc qui souhaitaient rendre accessible cette pratique à toutes les sportives et futures sportives de leur pays ». Elle a également rappelé que le groupe maintient sa politique de « tolérance absolue » et d’« inclusion totale » en insistant sur le fait que ce voile est strictement « un produit dédié à un usage sportif ».

« Rassurez-vous, nous ne renions aucune de nos valeurs »

Selon elle, le groupe accueille les critiques avec « calme, recul et sérénité ». Une attitude bien utile et salutaire compte tenu des propos tenus sur les réseaux sociaux par ceux et celles incapables de concevoir les femmes dans leurs différences, à l'instar de Laurence Rossignol, ancienne ministre du droit des femmes, qui a choisi de relayer un communiqué émis par le Comité Laïcité République, désignant Décathlon comme un « promoteur de l’apartheid sexuel » et dénonçant « des sportives entravées avec la complicité de marques occidentales ».

« Décathlon se soumet également à l'islamisme qui ne tolère les femmes que la tête couverte d’un hijab pour affirmer leur appartenance à la oumma et leur soumission aux hommes. Décathlon renie donc les valeurs de notre civilisation sur l’autel du marché et du marketing communautaire », a fustigé la porte-parole de LR, Lydia Guirous.

« Rassurez-vous, nous ne renions aucune de nos valeurs », a répondu Decathlon. « Nous avons toujours tout fait pour rendre la pratique du sport plus accessible, partout dans le monde. Ce hijab était un besoin de certaines pratiquantes de course à pied, et nous répondons donc à ce besoin sportif », a plaidé le groupe.

Un internaute a même accusé le groupe d’« hypocrisie » en faisant des amalgames honteux. « La vénalité, le profit des djihadistes qui ont assassiné dans notre pays… c’est indigne et criminel », a-t-il lancé. Réponse de Décathlon ; « Ce qui est indigne, c’est de faire de tels amalgames qui ont pour seul effet de véhiculer un message de haine. De notre côté nous préférons nous concentrer sur le fait de rendre le sport accessible à toutes les femmes, quelles que soient leur religion ou leur culture ».

Mise à jour : La polémique n'a cessé d'enfler au point que Decathlon a renoncé à la commercialisation du hijab sportif en France jusqu'à nouvel ordre. La marque a déclaré que son service client a reçu « plus de 500 appels et mails » depuis la matinée du mardi 26 février. « Nos équipes dans nos magasins ont été insultées et menacées, parfois physiquement », déplore-t-elle, qui lance un appel au calme.

« Il est temps d’appeler au calme et à la mesure sur le sujet : les insultes et les menaces verbales ou physiques n’ont pas lieu d’être. On vous demande de conserver une forme respectueuse dans vos échanges avec nos équipes », a-t-elle signifié sur les réseaux sociaux.

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