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Société

La Rencontre annuelle des musulmans de France interdite par la préfecture de police de Paris, la justice saisie

Rédigé par | Jeudi 2 Avril 2026

           

Un arrêté portant interdiction de la Rencontre annuelle des musulmans de France (RAMF) a été pris cette semaine par la préfecture de police de Paris. La fédération Musulmans de France (MF), organisatrice de l'événement au Bourget, en région parisienne, n’a pas encore dit son dernier mot.



La Rencontre annuelle des musulmans de France interdite par la préfecture de police de Paris, la justice saisie
C’est à grand renfort de communication que la fédération Musulmans de France (MF) annonce, depuis plusieurs semaines, le retour du Rassemblement annuel des musulmans de France (RAMF). Ce rendez-vous incontournable pour l’ex-UOIF, connu aussi sous le nom du Salon du Bourget, avait été assuré durant une trentaine d'années avant de s’arrêter en 2020. Mais se tiendra-t-il comme annoncé du vendredi 3 au lundi 6 avril ?

Un arrêté a été émis, mercredi 1er avril, par la préfecture de police de Paris portant interdiction de la RAMF au Parc des Expositions de Paris-Le Bourget, et les raisons laissent les organisateurs interloqués, sachant que la décision a été prise bien tardivement. « Cet évènement, susceptible de rassembler un grand nombre de personnes, intervient dans un contexte international et national particulièrement tendu », indiquent notamment les autorités, en référence à la guerre en Iran et à la situation explosive au Moyen-Orient qu’ont généré les attaques américano-israéliennes dans la région.

La préfecture de police, dirigée par Patrice Faure depuis octobre 2025, cite la tentative d'attentat déjouée contre la Bank of America à Paris le 28 mars, qui « souligne la prééminence et l'acuité de la menace endogène susceptible de se matérialiser, tant par des individus seuls et préalablement inconnus des services de renseignement, que par des menaces projetées depuis un théâtre extérieur ou directement activées depuis le territoire national par des organisations terroristes ».

Une interdiction aussi motivée par… la sécurité des musulmans

« Il est en outre exposé à un important risque terroriste à l'égard de la communauté musulmane », fait-elle aussi part. « Dans le contexte d'agitation politique et de polarisation forte des débats dont les récentes élections municipales en France ont été le réceptacle dans plusieurs communes notamment franciliennes et compte tenu de la qualité des organisateurs et de certains conférenciers, il existe un risque que des groupuscules d'ultra-droite se mobilisent en vue de perturber le déroulement de cet événement, d'autant qu'il ne s'est pas tenu depuis 2019 », assure la préfecture. Ces groupuscules pourraient y trouver « une opportunité pour mener des actions de propagande, organiser des contre-rassemblements non déclarés ou pour causer des dégradations aux abords des halls d'expositions ».

« Des actions de même nature pourraient en outre être téléguidées par des influences étrangères » et « il existe ainsi un risque de troubles à l'ordre public lié à la tenue de ce rassemblement », au regard aussi de l'affluence attendue sur ces quatre jours.

Compte tenu du « niveau élevé de la menace terroriste actuelle en France », la tenue de la RAMF est « incompatible avec les impératifs de l'ordre public ». « Il appartient à l'autorité de police compétente de prévenir les atteintes à l'ordre public par des mesures adaptées, nécessaires et proportionnées », à savoir dans ce cas l’interdiction pure et simple de l’événement.

La préfecture de police de Paris serait-elle vraiment dans l'incapacité de sécuriser un événement aussi important organisé par une structure musulmane ? Une telle décision, qui laisse perplexe, s’avère être une catastrophe pour MF si elle est confirmée. Selon nos informations, la fédération a, en effet, saisi ce jeudi 2 avril le tribunal administratif de Paris en référé-liberté afin de contester la décision. La fédération refuse, à ce stade, de faire toute déclaration publique autour de cet arrêté préfectoral, attendant d’abord le rendu d'une décision judiciaire escomptée dans la journée du vendredi 3 avril. « Nous gardons espoir que la justice maintienne le salon », nous indique simplement le président de MF, Makhlouf Mamèche. La journée sera assurément mouvementée.

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Rédactrice en chef de Saphirnews En savoir plus sur cet auteur