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Sur le vif

L'ex-Femen Amina avoue avoir menti sur son agression

Rédigé par La Rédaction | Jeudi 25 Septembre 2014



Les soupçons planant sur la véracité de l’agression dont se disait victime Amina Sboui, ont été confirmés. Début juillet, l’ex-Femen tunisienne racontait avoir été agressée par cinq hommes, « des salafistes » qui lui avaient rasé les sourcils et une partie des cheveux. Quelques jours plus tard, elle était placée en garde à vue pour « dénonciation d'un délit imaginaire ». Depuis, la jeune femme de 19 ans maintenait sa version des faits dans l’attente de son jugement début octobre. Mais mercredi 24 septembre, Amina a avoué avoir menti.

Dans une lettre révélée par Libération, elle admet avoir commis « une grande faute » en inventant de toute pièce cette histoire rocambolesque. « Je publie cette déclaration pour dire devant toutes et tous que c’était un mensonge », écrit-elle. « Il m’a fallu beaucoup de temps, d’épreuves, d’échanges avec mes proches pour admettre que je n’étais pas si forte et si indemne que ce que je pensais, avec tout ce que j’ai vécu », explique-t-elle.

Puis celle qui avait fait scandale en Tunisie pour avoir posté sur Facebook des photos d’elle seins nus revient sur son parcours pour tenter d'expliquer son geste. « Depuis mon exil en France, mes difficultés se sont accentuées. Tout en étant très entourée, j’ai fait l’expérience de la précarité et de la solitude, alors que je dois préparer mon avenir », écrit la lycéenne qui doit passer le Bac cette année.

Un « appel au secours » sous forme de mensonge

« Par ce mensonge, je suis consciente que je jette le discrédit sur la parole de victimes de violences sexistes et des intégrismes, quels qu’ils soient », concède-t-elle. Elle s’en « veut aussi d’avoir déçu toutes celles et ceux qui (l)’ont soutenu ». A Libération, elle explique être désolée. « Je ne me suis pas pas rendu compte. Ce n’était pas comme quand je me suis mise seins nus sur la page des Femen. Là, je savais qu’il y aurait des répercussions », argue-t-elle.

« J'ai oublié comme une conne que j’étais Amina Sboui. Pour moi, c’était un appel au secours pour mes amis, mes proches, ce n’était pas adressé à la presse ou à la police. Le problème, c’est qu’il y a plein de journalistes qui me suivent, qui ont commencé à m’appeler, à écrire dessus. Je ne pouvais plus dire que c’était un mensonge », justifie encore la jeune femme. « On fait parfois des fautes, on est humain. C’est la première fois que je fais un truc pareil, c’est la dernière », assure-t-elle.

Elle devait envoyer sa lettre au procureur mercredi. Elle doit être jugée le 8 octobre pour son délit de dénonciation imaginaire, passible d’une peine de six mois d'emprisonnement et de 7 500 euros d'amende. Elle qui a déjà connue la prison en Tunisie doit également comparaître devant le tribunal correctionnel « pour violences en état d’ébriété » après une rixe à Paris entre d'un côté elle et l'un de ses amis et de l'autre un couple dont la femme porte le voile, en août dernier. Sur cette affaire, la lycéenne maintient avoir été provoquée.





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