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Société

Julie Siddiqi, une shero musulmane

Spécial #8Mars

Rédigé par | Vendredi 9 Mars 2018

Elles sont originaires du Soudan, de la Tunisie, de la Somalie, de la Russie ou sont nées et vivent en Finlande, au Canada, aux États-Unis, en Allemagne, en Palestine et en Grande-Bretagne… Leurs identités sont multiples. Mais elles ont pour points communs d’être éprises de justice et d’œuvrer, souvent dans l'ombre, pour le bien commun comme pour l’intégration professionnelle, sociale et politique des femmes dans leurs sociétés. Elles sont des héroïnes au quotidien. Direction la Grande-Bretagne à la rencontre de Julie Siddiqi.



Julie Siddiqi est une figure britannique de la communauté musulmane depuis plus de 10 ans. © Samia Hathroubi
Julie Siddiqi est une figure britannique de la communauté musulmane depuis plus de 10 ans. © Samia Hathroubi
LONDRES. – Mère de quatre enfants, convertie à l’islam en 1995, ancienne vice-présidente de l'Islamic Society of Britain de 2010 à 2014, l’une des plus importantes organisations musulmanes qui œuvrent pour une meilleure compréhension de l’Islam en Grande Bretagne, Julie est une « shero » (néologisme entre « she » et « hero ») capable de mener des combats sur plusieurs fronts.

Dialogue judéo-musulman avec son organisation de femmes Nisa-Nisha, promotion de la justice sociale avec son initiative Sadaqa Day, lutte pour favoriser le leadership féminin au sein des organisations musulmanes britanniques, Julie ne cesse de multiplier conférences, activités, interviews pour changer la perception des musulmans au sein du grand public et favoriser l’égalité et plus de d’échanges au sein des communautés musulmanes.

Un combat en ligne de crête difficile à mener, confesse-t-elle. Julie rêve de pouvoir faire des retraites en silence, une manière pour elle d’allier spiritualité et de faire une pause dans son emploi du temps surchargé avec sa vie de femme, de mère et de responsable associative.

Certains lui reprochent de ne pas prendre en compte les difficultés de certaines femmes de couleur et musulmane ; d’autres critiquent sa collaboration avec des membres de la communauté juive de Londres jugées pro-israéliens. Malgré les critiques, Julie Siddiqi continue d’expliquer sur les réseaux sociaux et les médias les combats qui sont les siens et semble bien déterminée à ne pas s’arrêter.

Quand on lui demande ce qu’elle envisage pour les années à venir, Julie Siddiqi rêve de voir ses bébés associatifs se déployer hors de Grande-Bretagne. Brexit ou pas, Julie ne cesse de marteler ses appartenances et à sa fierté d’être Britannique, musulmane, Européenne et, bien entendu, mère.

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Samia Hathroubi
Ancienne professeure d'Histoire-Géographie dans le 9-3 après des études d'Histoire sur les débuts... En savoir plus sur cet auteur