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Sur le vif

Interdiction de Médine au Bataclan : une vilaine polémique lancée par l'extrême droite

Rédigé par Lina Farelli | Lundi 11 Juin 2018



Interdiction de Médine au Bataclan : une vilaine polémique lancée par l'extrême droite
À l’annonce des prochains concerts de Médine, prévus les 19 et le 20 octobre prochain au Bataclan, des élus de droite et d’extrême droite protestent depuis quelques jours contre la programmation de ses événements, en dénonçant les paroles du tube Don’t Laïk sorti en 2015, quelques jours avant l’attentat contre Charlie Hebdo, pour dénoncer la laïcité d'exclusion, dévoyée de son sens originel par des politiques.

Parmi les réactions de personnes qui ne l'entendent pas de cette oreille, figure le président LR Laurent Wauquiez, qui chasse ostensiblement sur les terres de l'extrême droite avec ses tracts « Pour que la France reste la France ». Il s’est indigné sur Twitter en déclarant : « Au Bataclan, la barbarie islamiste a coûté la vie à 90 de nos compatriotes. Moins de trois ans plus tard, s’y produira un individu ayant chanté "Crucifions les laïcards" et se présentant comme une "islamo-caillera". Sacrilège pour les victimes, déshonneur pour la France. »

« Aucun Français ne peut accepter que ce type aille déverser ses saloperies sur le même lieu du carnage du #Bataclan. La complaisance ou pire, l’incitation au fondamentalisme islamiste, ça suffit », a affirmé Marine Le Pen. Quant au député LR des Alpes-Maritimes, Eric Ciotti, il a appelé le président Emmanuel Macron à « interdire ce concert », car pour lui, « si la liberté d’expression est un droit fondamental, il y a des symboles qui ne peuvent être profanés ».

Le rappeur a toujours condamné les attaques terroristes, dont celui qui a frappé la salle de concert de Bataclan en novembre 2015. Il était des signataires de la tribune « Nous sommes unis », parue quelques jours après les attentats : « Un piège nous est tendu ! Nous devons refuser d’y succomber ! La division, la délation, la stigmatisation sont au cœur de ce piège sournois. Chaque fois que nous tentons hâtivement de désigner des responsables de ce crime dont seuls les auteurs sont coupables, nous tombons dans le piège d’une division programmée et orchestrée. »

Aucune annulation de ses concerts n'est en vue à ce stade mais le président de l’association de victimes 13onze15 Fraternité et Vérité, Philippe Duperron, indique que le Bataclan « examine la situation » car « il y a au minimum une maladresse à cette programmation ». Il regrette cependant sur RTL « la récupération politique » faite sur cette affaire et souhaite que « certaines tendances de la politique ne se soient pas du tout exprimées alors que c’est largement le cas de l’extrême droite et des Républicains ».

D'ailleurs, un des survivants de l'attentat du Bataclan, l'ancien vice-président de l'association, Emmanuel Domenach, s'est exprimé sur Twitter en réponse au tweet de Laurent Wauquiez : « Et vous qui vous servez de l'attentat du 13-Novembre à des fins politiques, ça se situe à quel niveau sur l'échelle du déshonneur ? » Voilà qui est dit. Médine ne s'est pas encore exprimé publiquement sur cette polémique,

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