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Sur le vif

Erdogan exige la réouverture d'une mosquée à Athènes contre celle d'un séminaire orthodoxe

Rédigé par Lina Farelli | Lundi 18 Février 2019



Quelques jours après la visite du Premier ministre grec Alexis Tsipras en Turquie, le président turc Recep Tayyip Erdogan a proposé de rouvrir le séminaire orthodoxe grec d’Halki contre la réouverture de la mosquée Fethiye, située à Athènes.

L'L'institut de théologie orthodoxe de Halki, près de la ville d'Istanbul, prenait en charge la formation de futurs prêtres du diocèse de Constantinople, jusqu'à sa fermeture en 1971 par les autorités turques dans la foulée du conflit entre Athènes et Ankara concernant l'île de Chypre.

D’un autre côté, Athènes abrite, depuis l'ère de l’occupation ottomane, la mosquée Fethyie, bâtie en 1458 et fermée au culte depuis 1821.

À quelques semaines de l’élection locales du 31 mars, Recep Tayyip Erdogan veut se réaffirmer auprès de l’électorat turc en mettant sur la table cette mesure de réciprocité. « Vous voulez quelque chose de nous, vous voulez le séminaire d’Halki. Je vous dis, OK, ouvrons la mosquée Fethiye », a-t-il déclaré en marge d'une réunion publique samedi 16 février dans la province d'Edirne.

Si le gouvernement grec, malgré l'expression de son inquiétude quant à la réaction de l'opposition, a assuré au président turc que la mosquée rouvrira bien ses portes, Recep Tayyip Erdogan, a exigé, en plus, l’édification d’un minaret.

« Est-ce qu’une église peut être sans clocher ? », a-t-il soulevé avant d'ajouter que les minarets représentent « la pièce essentielle d’une mosquée ».

Ce n’est pas la première fois que la réouverture du séminaire d’Halki est mise en jeu de cette manière. Par le passé, le président turc a déjà proposé sa réouverture contre des mesures en faveur de l’amélioration des droits de la minorité turque en Grèce. Sans suite.

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