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Sur le vif

#DamnILookGood, une campagne pour interroger le regard sur le niqab (vidéo)

Rédigé par Christelle Gence | Mardi 21 Octobre 2014



Au Dumbo Arts Festival, fin septembre
Au Dumbo Arts Festival, fin septembre
Qinza Najm et Saks Afridi, deux artistes américano-pakistanais, incitent depuis la fin septembre les femmes à prendre des selfies en niqab et à les poster sur les réseaux sociaux, accompagnés du hashtag #DamnILookGood (#MinceJ’aiL’airBien).

L'objectif de l’opération est d'interroger la perception qu’a la société occidentale du voile intégral. Car « le hijab porté par choix n'est pas la répression, mais la libération. Il peut être la pièce de tissu la plus stimulante qu’une femme peut choisir de porter. Quand une femme se couvre de cette façon, elle ne peut être jugée sur sa beauté, ses bijoux ou son maquillage », expliquent les artistes sur leur site.

L’idée leur est venue après que Qinza Najm, qui n’avait jamais mis de niqab, a commencé à en porter un pour voir les réactions suscitées par le morceau de tissu. « Quelqu’un a commencé à me crier : "Retourne chez toi !" », a expliqué l’artiste au New York Daily News. « J’ai été surprise, je pensais que les gens étaient plus tolérant à New York. » L’idée du projet est née.

Les deux artistes ont présenté leur expérience tel une performance artistique les 27 et 28 septembre lors du Dumbo Arts Festival, un événement culturel à Brooklyn. Dans le cadre d’une série de représentations scéniques sur la beauté, des centaines de femmes ont été invitées à se couvrir d’un niqab spécialement confectionné pour l’occasion, et à se prendre en photo. L’inscription de #DamnILookGood sur le morceau de tissu, un hashtag fréquemment utilisé par les posteurs de selfies satisfaits de leur apparence, est partie intégrante de la démarche.

Au Dumbo Arts Festival, fin septembre
Au Dumbo Arts Festival, fin septembre

Une démarche détournée de son objectif

« Cette barrière est son superpouvoir. Avec lui (le niqab, ndlr), elle est dans le contrôle complet de sa sexualité, et en fin de compte, c'est ce qui la rend si belle. En prenant des selfies, elle fait passer le message qu'elle est bien plus que sa sexualité », expliquent encore Qinza Najm et Saks Afridi sur leur site, désirant en même temps soulever les problématiques de « l'islamophobie, la sur- sexualisation des femmes dans les médias, la dualité de la modernité et de la tradition et le désir d'expression de soi ».

Cependant, leur démarche n’a pas pour objectif de les positionner pour ou contre le niqab, ni d’en faire l’apologie. « Je ne dirais pas que c'est une célébration, mais plutôt un exercice de tolérance. (...) Nous ne sommes pas pour ou contre le hijab, nous posons juste la question de savoir comment les gens se sentent en en portant un » a précisé Qinza Najm au New York Daily News.

Leur initiative n’a pas manqué de susciter les réactions. Si des femmes ont bien posté des selfies en niqab, accompagné du hashtag #DamnILookGood, le hashtag #DamnILookOppressed (#MinceJ’aiL’airOppressée) a depuis fait son apparition, à l’initiative de Pamela Geller. L’islamophobe assumée, habituée des coups médiatiques, a qualifié le niqab sur son site de « cercueil de tissu ». Pari réussi pour Qinza Najm et Saks Afridi, dont l'initiative n'a pas laissé indifférente.





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