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Sur le vif

Affaire Ajimi : les policiers reconnus coupables, sursis confirmés

Rédigé par La Rédaction | Vendredi 15 Février 2013



La cour d’appel d’Aix-en-Provence a confirmé, lundi 11 février, les condamnations des deux policiers de la Brigade anti-criminalité (BAC) et du policier municipal de Grasse, qui avaient procédé à l’interpellation mortelle de Hakim Ajimi en mai 2008.

La cour d’appel a reconnu les deux fonctionnaires de la BAC coupables d’homicide involontaire et a retenu le délit de non-assistance à personne en danger contre le policier municipal. Les trois peines de 18, 24 mois et 6 mois de prison avec sursis requises contre les trois fonctionnaires en première instance ont été confirmées.

« Mes clients ne s’y attendaient pas du tout, ils espéraient une relaxe, ils sont très surpris », a réagit leur avocat Me Joel Blumenkranz, qui ajoute qu’il pourrait déposer un pourvoi en cassation.

Pourtant, les peines de prison avec sursis paraissent légères pour sa famille puisque l’interpellation musclée des policiers a couté la vie au jeune Abdelhakim Ajimi, appelé Hakim par ses amis et sa famille. « On est soulagés. Au moins, on sait qu'ils sont coupables, même si ce sont des coupables protégés », a déclaré à la sortie de l'audience Boubaker Ajimi, le père d'Hakim.

Toutefois, il songe à saisir la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) pour faire interdire la clé d’étranglement. Cette technique d'interpellation pratiquée par les policiers, en plus d'une compression thoracique, avait entraîné le décès de son fils, alors âgé de 22 ans.

Pour sa mémoire, il se dit prêt à mener un « combat pour faire interdire cette technique d'étranglement, peut-être en allant devant la Cour européenne des Droits de l'Homme. Il faut qu'ils enlèvent cette clé d'étranglement pour sauver des vies », a-t-il ainsi déclaré.

La France avait déjà été condamnée par la CEDH pour l’utilisation de cette technique dans une affaire similaire en 2007, avant l’interpellation mortelle du jeune Hakim en 2008.

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