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Sur le vif

Un criminel de guerre serbe de Bosnie extradé de la France vers Sarajevo

Rédigé par Lina Farelli | Lundi 25 Juin 2018



Un criminel de guerre serbe de Bosnie extradé de la France vers Sarajevo
Au bout d’une longue procédure judiciaire, la Bosnie-Herzégovine a enfin pu extrader de France Radomir Susnjar dimanche 24 juin, une semaine après la décision du Conseil d’État permettant l’extradition de l'individu accusé de crimes de guerre lors de la guerre de Bosnie en 1992.

Il faut remonter en 1992, lors du massacre baptisé Ziva lomaca (« Le grand feu »), pour comprendre la volonté farouche de la Bosnie d'extrader l'individu. Près de 60 personnes, essentiellement des personnes âgées, des femmes et des enfants, avaient été rassemblés dans un bâtiment puis brûlés vives à Visegrad, les 13 et 14 juin 1992.

Milan Lukic, un chef de groupe paramilitaire serbe, a été reconnu coupable par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) pour ce crime de guerre qui lui a valu une peine à perpétuité. Radomir Susnjar, lui aussi membre d'une formation paramilitaire serbe à l'époque des faits, est suspecté d’avoir verrouillé lui-même les accès au bâtiment en question avant d’y avoir jeté des grenades incendiaires. Depuis, l’homme s’est abrité en France sous une autre identité jusqu’à sa localisation en 2014.

Radomir Susnjar clame son innocence. Son avocat concentre sa défense sur le fait qu’il serait victime d’une confusion relative à un homonyme, Milan Susnjar, et invoque une incompatibilité entre la date du massacre et la date à laquelle l’homme se serait engagé dans l’armée. Pendant plusieurs années, la justice française s’est opposée à l’extradition de ce criminel en demandant une reconsidération de la qualification de crime contre l’humanité.

En avril 2016, la Cour d’appel de Paris a accepté la demande d’extradition de la Bosnie, mais Radomir Susnjar a fait appel devant la Cour de cassation. Il a été débouté en juin 2017. Il a alors lancé une autre procédure en appel auprès du Conseil d’État qui a préféré, cette fois, se ranger du côté du gouvernement Bosnie-Herzégovine.

L'extradition de Radomir Susnjar est une bonne nouvelles pour les Bosniens. Des centaines d'entre eux ont rendu hommage, samedi 23 juin, aux 3 000 victimes de Visegrad tuées pendant la guerre de Bosnie.

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