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Sur le vif

Tunisie : le président Marzouki caillassé

Rédigé par La Rédaction | Mardi 18 Décembre 2012



Ce devait être la fête lundi 17 décembre en Tunisie : celle du deuxième anniversaire marquant le début du Printemps arabe, qui a débouché sur la chute du régime de Ben Ali. Mais les festivités ont pris une autre tournure à Sidi Bouzid. Le président Moucef Marzouki et le président de l'Assemblée nationale, Mustapha Ben Jaafar, y ont été pris pour cible.

Les deux dirigeants s’y étaient rendus pour commémorer la révolution qui avait démarré dans cette ville du centre du pays. Mais le discours du président, dans lequel il demandait au peuple d’attendre avant que le problème du chômage ne soit réglé, n’a visiblement pas plu. « Le gouvernement n'a pas de baguette magique pour changer les choses (...). Il a besoin de temps pour solder l'héritage de 50 ans de dictature », a-t-il notamment déclaré, sous les sifflements.

A la fin de son allocution, devant un parterre de 5 000 personnes, des habitants ont jeté des pierres dans sa direction et celle de M. Ben Jaafar sans toutefois les atteindre. « Le peuple veut la chute du gouvernement » et « dégage, dégage », pouvait-on les entendre scander.

La colère des habitants de la région est vive. Dans cette zone en proie à un fort taux de chômage, la chute de Ben Ali n’a pas arrangé leur situation, bien au contraire. Selon le ministère de l'industrie tunisien, les investissements y ont chuté de 36 % et les offres d'emplois de 24,3 % sur les 11 premiers mois de 2012 par rapport à la même période l'année précédente.

D’autres régions voisines, en proie aux mêmes difficultés économiques, ont également connues de violentes manifestations, comme à Siliana depuis fin novembre pour réclamer le départ du gouverneur. Les manifestants réclament de meilleures conditions de vie.

Comme en Egypte, les autorités tunisiennes doivent faire face aux revendications d’un peuple qui attend avec impatience le changement après la révolution.

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