Une élève du lycée Montgolfier à Annonay, dans l’Ardèche, n’est plus scolarisée depuis plus de deux mois. La jeune Mélina l’assure : la direction de l’établissement scolaire ne veut pas d'elle en raison du turban qu'elle porte pour cacher son alopécie liée à son épilepsie. Pour la proviseure, il ne fait aucun doute qu’il s’agirait d’un signe religieux alors même que l’adolescente a présenté des certificats médicaux justifiant le port d’un couvre-chef.
Tout commence en octobre 2025, juste avant les vacances de la Toussaint, lorsque Mélina fait une grave crise d’épilepsie en plein cours d’anglais. Aucun membre du personnel du lycée n’était formé à gérer cette situation au moment où elle s’est présentée et l'infirmière était absente ; seule son amie était apte à lui prodiguer les soins afin d’arrêter les convulsions, rapporte Le Réveil Vivarais début janvier.
Face à une grosse perte de cheveux que lui causerait son traitement pour l’épilepsie, Mélina choisit de se raser la tête durant les vacances scolaires et de revenir à la rentrée avec un bonnet. « Le jour de la rentrée, le lundi à 10h, je portais un foulard noir. Avec ma mère, nous sommes de nous-mêmes allées vers la proviseure afin de l’informer de mes problèmes de santé », sans penser à la question religieuse, « à aucun moment », raconte-t-elle. « Après, j’ai porté le même en blanc et c’est là qu’une surveillante m’a conduite dans le bureau de la directrice. Je n’étais pas d’accord pour qu’on dise que j’avais perdu mes cheveux, je voulais le dire quand je serais prête. Mais la directrice l’a dit à tout le personnel. Elle a donné des consignes aux surveillants, m’interdisant d’entrer si le turban ou bonnet n’était pas au-dessus des oreilles. »
Mélina a beau protester en indiquant que son bonnet n’a rien d’un signe religieux, propose même de porter tout couvre-chef qui pourrait convenir à la direction, rien n’y fait. La proviseure reste campée sur ses positions et a même accusé le médecin auteur des certificats médicaux d’avoir délivré des certificats de complaisance, selon Mélina. Celle-ci a, par ailleurs, reçu d’autres ordres de la direction : « Je devais plutôt mettre un bandana ou investir dans une perruque. Mais on n’a pas pu acheter de perruque à cause du prix, ma maman étant seule avec mes deux frères et moi. »
Mélina en est convaincue : « Le turban est un prétexte pour me faire partir. Je pense que les crises d’épilepsie sont trop compliquées à gérer pour le lycée. » Elle a préféré quitter le lycée Montgolfier avec l'espoir de pouvoir être inscrite dans un autre établissement très vite. « Arriver dans un nouveau lycée où personne ne sait pour mon épilepsie, c’est compliqué et ma copine ne sera pas là pour m’aider. Pour ma rentrée dans mon prochain lycée, toute ma famille va se cotiser pour m’acheter une perruque », assure la jeune fille, qui souhaite ainsi que l’histoire qu’elle a vécue à Annonay ne se reproduise pas.
Tout commence en octobre 2025, juste avant les vacances de la Toussaint, lorsque Mélina fait une grave crise d’épilepsie en plein cours d’anglais. Aucun membre du personnel du lycée n’était formé à gérer cette situation au moment où elle s’est présentée et l'infirmière était absente ; seule son amie était apte à lui prodiguer les soins afin d’arrêter les convulsions, rapporte Le Réveil Vivarais début janvier.
Face à une grosse perte de cheveux que lui causerait son traitement pour l’épilepsie, Mélina choisit de se raser la tête durant les vacances scolaires et de revenir à la rentrée avec un bonnet. « Le jour de la rentrée, le lundi à 10h, je portais un foulard noir. Avec ma mère, nous sommes de nous-mêmes allées vers la proviseure afin de l’informer de mes problèmes de santé », sans penser à la question religieuse, « à aucun moment », raconte-t-elle. « Après, j’ai porté le même en blanc et c’est là qu’une surveillante m’a conduite dans le bureau de la directrice. Je n’étais pas d’accord pour qu’on dise que j’avais perdu mes cheveux, je voulais le dire quand je serais prête. Mais la directrice l’a dit à tout le personnel. Elle a donné des consignes aux surveillants, m’interdisant d’entrer si le turban ou bonnet n’était pas au-dessus des oreilles. »
Mélina a beau protester en indiquant que son bonnet n’a rien d’un signe religieux, propose même de porter tout couvre-chef qui pourrait convenir à la direction, rien n’y fait. La proviseure reste campée sur ses positions et a même accusé le médecin auteur des certificats médicaux d’avoir délivré des certificats de complaisance, selon Mélina. Celle-ci a, par ailleurs, reçu d’autres ordres de la direction : « Je devais plutôt mettre un bandana ou investir dans une perruque. Mais on n’a pas pu acheter de perruque à cause du prix, ma maman étant seule avec mes deux frères et moi. »
Mélina en est convaincue : « Le turban est un prétexte pour me faire partir. Je pense que les crises d’épilepsie sont trop compliquées à gérer pour le lycée. » Elle a préféré quitter le lycée Montgolfier avec l'espoir de pouvoir être inscrite dans un autre établissement très vite. « Arriver dans un nouveau lycée où personne ne sait pour mon épilepsie, c’est compliqué et ma copine ne sera pas là pour m’aider. Pour ma rentrée dans mon prochain lycée, toute ma famille va se cotiser pour m’acheter une perruque », assure la jeune fille, qui souhaite ainsi que l’histoire qu’elle a vécue à Annonay ne se reproduise pas.
Une bien mauvaise application de la loi de 2004
Interrogé par Le Réveil, le directeur académique de l’Ardèche, Thierry Aumage, s’est, à ce stade, rangé du côté de la proviseure : « Cette jeune fille s’est présentée avec un foulard turban en invoquant un problème de santé pour justifier le port de ce foulard. Nous nous en tenons aux faits et au texte de loi régissant la tenue, sur le port d’un couvre-chef pouvant laisser penser qu’il y a signe ostentatoire d’appartenance religieuse. » Il a par ailleurs assuré qu'« une expertise médicale par notre médecin a conclu qu’il n’y avait pas lieu pour cette jeune fille de venir au lycée en cours avec un foulard ou bonnet sur la tête ».
L'information, telle que rapportée par Mélina et sa famille, « si elle est exacte, illustre une application absurde et erronée de la loi et une méconnaissance de la laïcité », a réagi sur X le cofondateur de la Vigie de la laïcité, Nicolas Cadène. La circulaire d'application de la loi du 15 mars 2004 « précise même ce qui suit : la loi "n'interdit pas les accessoires mars et les tenues qui sont portés communément par des élèves en dehors de toute signification religieuse" ».
La loi de 2004 « ne peut pas être appliquée sans prendre en considération le dialogue qu'elle instaure comme étape obligatoire ni l'absence de toute connotation religieuse d'un signe-accessoire porté pour raison de santé, ponctuellement », ajoute-t-il. Et de conclure : « Attendons d'en savoir plus, mais les éléments à notre disposition (…) vont clairement contre les autorités académiques en ce qu'elles semblent avoir elles-mêmes (très) mal appliqué la loi... et maltraité la laïcité. Les obsessions de certains tournent mal. »
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La loi de 2004 « ne peut pas être appliquée sans prendre en considération le dialogue qu'elle instaure comme étape obligatoire ni l'absence de toute connotation religieuse d'un signe-accessoire porté pour raison de santé, ponctuellement », ajoute-t-il. Et de conclure : « Attendons d'en savoir plus, mais les éléments à notre disposition (…) vont clairement contre les autorités académiques en ce qu'elles semblent avoir elles-mêmes (très) mal appliqué la loi... et maltraité la laïcité. Les obsessions de certains tournent mal. »
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