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SaphirNews.com | Quotidien musulman d’actualité
 

 

Société

Politique Bush, le monde en ébullition

Rédigé par Dramé Ibrahima | Jeudi 20 Mai 2004 à 00:00

           

Après quatre ans de mandat à la tête du monde, la politique de Bush fils soulève de nombreux débats et controverses aussi bien dans le monde qu'aux Etats-Unis. L'invasion irakienne, motivée par des armes de destruction massives introuvables, les tortures et les humiliations dans les prisons irakiennes, le soutien inconditionnel à la politique répressive du gouvernement israélien, les tortures subies par les prisonniers de Guantanamo : autant de dossiers qui font état de la politique calamiteuse de la Maison Blanche et compromettent sérieusement la nouvelle campagne de George W. Bush.



L'Irak en guerre

Après la guerre éclair en Irak, l'annonce de la fin des combats, la capture de Saddam Hussein, le pays est « sous les flammes ». Une intervention militaire « pour le retour à la démocratie » a fait de l'Irak un véritable charnier. Lundi, neuf irakiens dont le kamikaze ont trouvé la mort au plein cœur de la zone verte américaine. Un attentat symbole qui démontre la vulnérabilité et l'impuissance des coalisés face à l'insécurité au sein même de leur quartier général.

Abdel Osmane Mohamed, qui assurait la présidence du conseil de gouvernement provisoire, a été tué. Au sud et au centre, l'intensification des affrontements entre les miliciens du jeune leader Moqtada Sadr et les forces de la coalition a fait plusieurs morts. Face à cette violence quotidienne, les coalisés pourraient quitter l'Irak « aussitôt que possible », selon une source officielle britannique citée par le quotidien conservateur britannique The Times de lundi.

Le feu en Palestine

Regain de violence « troublant » selon Bush, « crimes de guerre » selon Amnesty International. Selon l'organisation internationale, 3 000 maisons palestiniennes ont été détruites depuis la reprise des hostilités, il y a trois ans. 10 % des terres cultivables ont été rasés, et 260 000 arbres déracinés en 2002 et 2003. « Dans la grande majorité des cas, il s'agit de destructions gratuites », fait part Donatella Rovera, membre du programme du Proche-Orient d'Amnesty International, qui a co-rédigé un rapport mardi sur les crimes de guerre de Tsahal. Ces destructions financées par la société américaine Caterpillar sont de « graves atteintes à la quatrième convention de Genève et sont des crimes de guerre ».

Selon Fred Echkard, porte-parole des Nations Unies, 2 197 Palestiniens ont perdu leurs maisons au cours des 15 premiers jours du mois de mai. Mardi, suite à ces opérations militaires, 20 palestiniens ont été tués. Mercredi, à Rafah, l'armée israélienne a exécuté 19 manifestants dont des enfants. Selon les sources médicales la plupart des victimes sont « des jeunes et des enfants ». L'armée a exprimé ses « regrets pour la mort d'innocents ».

Tortures à Guantanamo

Interdite d'accès aux caméras et aux journalistes, la prison de Guantanamo est sujette à de troublantes révélations d'anciens prisonniers. Selon Tarek Sergoul, un des six britanniques libérés en mars dernier, les prisonniers ont été victimes de violences et sévices qui ont toutes été filmées. Deux autres détenus ont affirmé que les prisonniers étaient forcés de se dévêtir et étaient enchainés au sol durant des heures pour obtenir des aveux. D'autres prisonniers ont évoqués des tortures psychologiques, des passages à tabac, plusieurs tentatives de suicide.

Jamal El Harith, 37 ans, a été libéré après avoir passé deux ans au camp X-ray et Delta à Guantanamo. Son témoignage est une longue liste de tortures, violences et humiliations. Selon ses propos, tous les moyens étaient mis en œuvre pour détruire psychologiquement les détenus. Contre les plus pieux, une méthode vicieuse aurait été utilisée : elle consistait à les mettre face à de prostituées américaines déshabillées et à les obliger à les regarder. Symbole de la violence, « l’extrême réaction force », un commando constitué de cinq hommes, l'aurait frappé à deux reprises après avoir refusé l'injection d'une substance inconnue.

Pour les détenus français, Colin Powell a affirmé que leur libération devrait intervenir dans les prochains jours. Les familles, après deux ans sans nouvelles, s'inquiètent de leur état psychologique.