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Sur le vif

Opération séduction de François Hollande à Alger

Rédigé par La Rédaction | Mercredi 19 Décembre 2012



François Hollande a engagé un point crucial de sa politique diplomatique en se rendant en visite officielle en Algérie, mercredi 19 décembre, pour un voyage de 36 heures.

Le chef de l’Etat n’est pas venu seul. Une délégation de près de 200 personnes l’accompagne. On compte neuf ministres, une douzaine de responsables politiques, une quarantaine d’hommes d’affaires et de PDG du CAC 40 mais aussi des personnalités du monde culturel comme le comédien d’origine algérienne Kad Merad.

« C'est l'illustration de l'importance politique, mais aussi symbolique et économique que le président de la République attache à ce déplacement», commente le porte-parole diplomatique de l'Elysée, Romain Nadal, ajoutant que cela « correspond aussi à la volonté des Algériens d'assurer le renouveau de la relation ».

Côté français, François Hollande a déjà préparé les devants en reconnaissant la responsabilité de l’Etat dans la répression sanglante d’Algériens le 17 octobre 1961 et en renonçant dernièrement à amender l’accord bilatéral de 1968 organisant l'entrée et le séjour des Algériens en France.

L’Algérie s’est aussi minutieusement préparée à recevoir le président français, qui a été accueilli par le son homologue algérien, Abdelaziz Bouteflika, et par une foule importante dans la capitale où des centaines de drapeaux français et algériens ont été hissés. Les façades des immeubles ont même été repeintes avant de le recevoir. Les relations semblent être prêtes à partir sur de bonnes bases entre les deux pays, marqués par un passé commun douloureux.

François Hollande et Abdelaziz Bouteflika devraient conclure « une déclaration conjointe » dès mercredi soir. Le chef de l'Etat algérien a dit en attendre un « partenariat d'exception » quand Paris souhaite aussi nouer « un dialogue politique sur les grands enjeux internationaux », avec en ligne de mire la volonté que l’Algérie accorde son soutien à une intervention internationale dans le nord du Mali, contrôlé par des islamistes radicaux.

Par ailleurs,« l'Algérie et la France vont procéder à la signature de 7 à 8 accords touchant plusieurs secteurs dont la défense, l'industrie, l'agriculture, la culture, l'enseignement et la formation », a indiqué le premier ministre algérien, Abdelmalek Sellal.

Après un discours devant les deux chambres du Parlement algérien réunies, François Hollande, qui avait effectué son stage de l’ENA en Algérie en 1978, devrait se rendre à l'université de Tlemcen, jeudi 20 décembre. « Il soulignera à cette occasion que les questions d'éducation, d'échanges universitaires et de formation seront au cœur de l'agenda bilatéral », selon Romain Nadal.

L’Algérie, premier pays d’origine des immigrés en France, comptent une partie d’étudiants qui, à Paris, représente la nationalité d’étudiants étrangers la plus importante.

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