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Société

Nantes : l'interdiction de la rencontre des musulmans de l'Ouest confirmée par la justice

Rédigé par | Samedi 23 Mai 2026

           

La 15e édition de la Rencontre annuelle des musulmans de l'Ouest (RAMO), qui devait se tenir à Nantes samedi 23 et dimanche 24 mai, a été interdite par la préfecture de Loire-Atlantique. Le tribunal administratif, saisi en urgence, a confirmé l'interdiction par arrêté préfectoral, stoppant net les festivités du week-end. Les organisateurs réagissent.



Nantes : l'interdiction de la rencontre des musulmans de l'Ouest confirmée par la justice
Les déclinaisons locales de la Rencontre annuelle des musulmans de France (RAMF) au Bourget, que les autorités ont tenté de faire interdire en avril sans succès, sont clairement menacées. C'est au tour de la Rencontre annuelle des musulmans de l'Ouest (RAMO), organisée chaque année par l'Association islamique de l'Ouest de la France (AIOF), d'avoir été la cible d'un arrêté d'interdiction pris par la préfecture de Loire-Atlantique, à la demande du ministère de l'Intérieur.

La décision a été annoncée vendredi 22 mai alors que l'événement, qui en était à sa 15e édition, devait se tenir les samedi 23 et dimanche 24 mai, forçant les organisateurs à tout stopper. Le préfet a invoqué « la présence d'intervenants, en particulier de cadres dirigeants des Musulmans de France, susceptibles de tenir des propos constitutifs d'infractions pénales ou portant atteinte à la dignité humaine, aux principes et valeurs de la République ».

L'AOIF, gestionnaire de la mosquée Assalam de Nantes, a saisi en urgence le tribunal administratif de Nantes pour contester l'arrêté d'interdiction. Défendue par l'avocat Me Sefen Guez Guez, elle a dénoncé « le procédé dilatoire choisi par le préfet alors que ce mardi 19 mai s'est tenue une réunion dans les locaux de la préfecture où il a été question de l'organisation de ce rassemblement ».

Elle n'a néanmoins pas obtenu gain de cause. « L’arrêté d’interdiction de ce rassemblement a été confirmé par la justice. Les propos susceptibles d’y être tenus sont de nature à porter atteinte aux principes et aux valeurs de la République ainsi qu'à la cohésion nationale et à la dignité humaine. Le rassemblement ne peut donc pas se tenir et j’invite chacun à respecter cette interdiction », a réagi le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez.

« Une requête de fond sera engagée auprès du tribunal administratif afin de poursuivre la procédure », a annoncé l'AOIF dans un communiqué. « Bien que cette décision intervienne après plusieurs mois de préparation et d'importants engagements humains, logistiques et organisationnels, l'AIOF réaffirme son profond attachement à l'État de droit ainsi qu'au respect des décisions de justice et des institutions de la République », a aussi indiqué l'association, rappelant que le RAMO avait « pour vocation de promouvoir le dialogue, la transmission du savoir, la spiritualité et le vivre-ensemble dans le strict respect des valeurs républicaines ».

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Rédactrice en chef de Saphirnews En savoir plus sur cet auteur