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Sur le vif

Morgue à Rungis : l’Etat prendra en charge les frais facturés aux familles des défunts

Rédigé par Benjamin Andria | Jeudi 9 Avril 2020 à 23:55



Morgue à Rungis : l’Etat prendra en charge les frais facturés aux familles des défunts
Un entrepôt du marché de Rungis, dans le Val-de-Marne, a été réquisitionné depuis le début du mois d'avril par l’Etat afin que les cercueils en attente d’inhumation ou de crémation puissent y être déposés. Cette décision de transformer un hall en morgue vise à désengorger les chambres funéraires d’Ile-de-France qui font face à une saturation exceptionnelle liée à l’épidémie du Covid-19, qui a fait plus de 10 000 morts en France.

Un scandale a néanmoins très vite éclaté mercredi 8 avril après que la présidente de l’entreprise des Pompes funèbres de France a dénoncé l’obligation pour les familles de s’acquitter de frais de conservation des cercueils – 250 euros la semaine – mais aussi de frais pour se recueillir devant les cercueils, établis à une cinquantaine d’euros. Pour Sandrine Thiefine, « ce n’est pas acceptable », appelant dans la foulée les autorités à prendre en charge les frais imposés par l’opérateur funéraire privé, OGF, désigné par l’Etat pour gérer la morgue provisoire.

L’appel a été visiblement entendu par le ministère de l’Intérieur. « Compte tenu de la situation sanitaire exceptionnelle actuelle, et afin que les familles des défunts d'Ile-de-France accueillis au dépositoire de Rungis n'en supportent pas financièrement les conséquences, la puissance publique prendra en charge les frais supplémentaires occasionnés pour elles par des délais d'inhumation ou de crémation anormalement longs », a fait savoir, dans la soirée du jeudi 9 avril, le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner.

La gestion d’une morgue, dans un lieu « qui n'a jamais été conçu comme un simple lieu de conservation des cercueils », « nécessite des compétences particulières », d’où la désignation par l’Etat d’un opérateur funéraire « pour assurer la gestion administrative du dépositoire, la manutention des cercueils et l'accueil et l'accompagnement des familles ».

OGF « a fixé une grille tarifaire pour toutes les prestations qu'il assure, conformément aux usages du secteur », indique le ministre, qui entend couper court à la polémique naissant en prenant en charge les frais. Toutefois, poursuit-il dans un communiqué, une mission va être diligentée « pour s'assurer du caractère strictement conforme à la réglementation des prestations facturées par l'opérateur privé auquel a été confiée la gestion du dépositoire ».

Mise à jour vendredi 10 avril : « Une polémique tout à fait injustifiée et déplacée a éclaté quant à la contribution financière demandée aux familles », a indiqué OGF.

Ne voulant « pas ajouter à la douleur des familles », l'opérateur a annoncé qu'il prendra à sa charge « tous les frais relatifs à ce funérarium temporaire, à compter de ce jour et jusqu'à sa fermeture », précisant en conséquence qu'« aucune entreprise de pompes funèbres ne peut facturer des frais pour l'utilisation de ce dépositoire et les services qui y sont rendus ».

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