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Sur le vif

Mauritanie : des Coran profanés, un mort lors de manifestations

Rédigé par La Rédaction | Mardi 4 Mars 2014



Le rassemblement a viré au drame. Un étudiant a perdu la vie, lundi 3 mars, lors d’une manifestation organisée à Nouakchott pour dénoncer la profanation de Corans.

Le porte-parole du gouvernement mauritanien, le ministre Sidi Mohamed Ould Maham, a assuré lors d'une conférence de presse que l'étudiant n'a pas été tué par balle et que l'enquête fera la lumière sur « le reste ». Les forces de l'ordre avaient fait usage de bombes lacrymogènes pour disperser les milliers de manifestants qui convergeaient vers la présidence de la République en scandant des slogans comme « Allah Akbar » (Dieu est grand) et « Mort aux profanateurs criminels ».

Ils étaient descendus dans la rue pour protester contre la dégradation, la veille, de quatre exemplaires du Coran dont s’étaient emparés quatre personnes non identifiées. Ces derniers ont commis leur forfait dans une mosquée du quartier de Teyarett, dans le nord de la capitale. Révoltées par cet acte de profanation, des centaines de personnes avaient aussitôt participé à une marche spontanée dans la nuit de dimanche à lundi.

Après la manifestation au cours de laquelle d’autres personnes ont été blessées et arrêtées, le gouvernement a appelé les manifestants à la retenue et la modération « pour éviter de tomber dans le piège de ceux qui cherchent à jouer sur les sentiments des musulmans pour des intérêts égoïstes ». « Une enquête a été ouverte pour déterminer les conditions de l'acte de profanation (et) retrouver ses auteurs », a ajouté M. Ould Maham. D'autres manifestations dénonçant cette profanation ont également été organisées lundi dans des villes comme Kiffa et Aioun (sud-est).

Ces événements interviennent dans un contexte particulier. Début février, à Zouérate (nord), un malade mental présumé a ainsi uriné sur un exemplaire du Coran et le mois précédant, un homme a fait scandale pour avoir rédigé un texte jugé blasphématoire contre le Prophète Muhammad. Ce dernier, mis en examen à Nouadhibou (nord-ouest) pour « apostasie » encourt la peine capitale. La peine de mort est réclamée par une partie de la population même si depuis les années 1980, une telle sanction n'est plus appliquée sur le sol de cette république islamique.

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