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Sur le vif

Le CCIF assume de mener Rioufol au commissariat

Rédigé par La Rédaction | Lundi 17 Juin 2013



La procédure engagée par le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) contre le journaliste Ivan Rioufol suit son chemin. L’éditorialiste du Figaro a annoncé dans un billet publié sur son blog lundi 10 juin avoir reçu une « convocation pour être entendu par la police judiciaire », suite à la plainte déposée par le CCIF.

Fin novembre 2012, l’association avait décidé de porter plainte contre lui pour propos injurieux et diffamatoires tenus dans l’émission « On refait le monde » de RTL, où il est chroniqueur, le 15 novembre. L’animateur Marc-Olivier Fogiel est également visé par cette plainte pour avoir qualifié les responsables du CCIF de « lâches ».

Le CCIF reproche à M. Rioufol de les avoir « assimilés à des fondamentalistes et des radicaux ». Le journaliste avait effectivement vivement critiqué la campagne d’affichage « Nous sommes la Nation » lancée par l’association en 2012.

Trouvant illégitime la plainte déposée contre lui, M. Rioufol n’hésite pas à critiquer de nouveau cette campagne dans son billet du 10 juin. Elle « avait pour but de promouvoir la visibilité islamique dans la République laïque, en revendiquant un refus de l’assimilation et de l’intégration, au profit d’une "inclusion" intimant d’accepter les musulmans tels qu’ils sont », dénonce-t-il. « Avec sa plainte, le CCIF porte évidemment atteinte à l’élémentaire liberté d’expression. La lutte contre l’islamophobie dont il se réclame revient à interdire tout débat », poursuit-il. « Je vais évidemment répondre à ma convocation. J’espère néanmoins pouvoir y dénoncer ces inqualifiables méthodes et le danger qu’elles représentent pour la République », conclut l'essayiste sans préciser la date de sa convocation.

En réponse à son billet, le CCIF a indiqué sur son site Web, vendredi 14 juin assumer « pleinement la plainte déposée à l'encontre de M. Rioufol à l'occasion de l'émission "On refait le monde" du jeudi 15 novembre 2012, au cours de laquelle il a affirmé, entre autres, que notre association représentait l'islam radical, l'islam fondamentaliste et que notre campagne de communication était une offensive islamiste (...) ». « La loi du 29 juillet 1881 a fixé des limites à l'exercice de la liberté d'expression parce que ces initiateurs avaient conscience que certains individus peuvent abuser de ce droit. Si la liberté d'expression est garantie, elle exclut toutefois le fait d'injurier ou de calomnier autrui », juge l’association ajoutant que « ce sont des limites que ne semble pas comprendre M. Rioufol, en confondant l'exercice des voies de recours légales avec des manœuvres d'intimidation ».

« Le CCIF qui incite au quotidien les victimes d'islamophobie à défendre leurs droits, souhaite à travers cette affaire donner l'exemple », indique l’association, qui suit actuellement de près les affaires d’agressions à Argenteuil.

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