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Sur le vif

La Somalie au cœur des préoccupations en Turquie

Rédigé par La Rédaction | Jeudi 31 Mai 2012



La Somalie est rongée depuis plus de 20 ans par la guerre civile et les crises humanitaires. Sous l‘égide de l’ONU, une conférence internationale regroupant les représentants de 54 pays se sont réunis, jeudi 31 mai à Istanbul, pour discuter des moyens de venir en aide à ce pays de l’est africain dont le gouvernement et le parlement de transition doivent être remplacés le 20 août.

« Après une longue période d’instabilité et de conflits, nous avons aujourd’hui devant nous une opportunité pour une vraie paix et une vraie sécurité », a déclaré le vice-Premier ministre turc Bekir Bozdag à l’ouverture de cette conférence. « Après de longues années, l’espoir est de retour en Somalie, et en particulier à Mogadiscio », a-t-il poursuivi, soulignant que le calme restauré dans la capitale somalienne était propice à la reconstruction et au développement économique.

Mais le calme reste encore précaire. Le président somalien Sharif Cheikh Ahmed a échappé, mardi 29 mai, à une embuscade des islamistes somaliens shebab près de Mogadiscio.

Le Premier ministre somalien Abdiweli Muhammed Ali a pour sa part insisté sur la nécessité pour les Somaliens de « travailler ensemble » et a assuré que son gouvernement était déterminé à « promouvoir la réconciliation » dans les zones passées sous son autorité. « Nous appelons de multiples donateurs à établir un fonds d’aide pour la Somalie », a-t-il ajouté, insistant sur la nécessité de « penser à long-terme » pour combattre les sources de la violence dans son pays.

Après Londres en février, la conférence d’Istanbul a commencé jeudi par des discussions entre fonctionnaires de haut niveau, experts et hommes d’affaires sur l’eau, l‘énergie, les routes et la durabilité, quatre enjeux essentiels pour la stabilisation du pays. Le volet politique de l’aide à la Somalie sera discuté vendredi, avec la participation du secrétaire général de l’Onu Ban Ki-Moon, du Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, et du président somalien ainsi que du secrétaire général de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) Ekmeleddin Ihsanoglu, et du président de la Commission de l’Union africaine (UA) Jean Ping.

Des représentants des différentes factions somaliennes sont également présents pour des discussions sur l’avenir du pays. L’un des objectifs de la conférence sera d’esquisser l’avenir de la Somalie en fixant des « objectifs pour 2015 », selon le ministère turc des Affaires étrangères.

Mais un consensus politique paraît difficile à atteindre. Les présidents du Pount et du Galmudug, deux régions du nord-est de la Somalie autoproclamées autonomes, ont déjà annoncé dans un communiqué qu’ils bouderaient la réunion en raison de son « ordre du jour ambigu » qui « vise à remettre en cause tous les accords ».

La Somalie est dépourvue d’autorité centrale depuis l’effondrement du régime du président Siad Barre en 1991 et l’instabilité politique alimente depuis deux décennies une violence permanente dans le pays. Le très fragile gouvernement somalien de transition (TFG) a été créé en janvier 2009 et est depuis soutenu à bout de bras par la communauté internationale et les forces de la mission de l’Union africaine en Somalie (Amisom). Les islamistes somaliens shebab ont juré la perte du TFG mais sont affaiblis sur le terrain militaire depuis que les armées éthiopienne et kényane se sont lancées à sa poursuite fin 2011.

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