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L'égalité des chances : 'une réalité pour tous' ?

| Mercredi 11 Janvier 2006 à 15:20

           

« Une réalité pour tous ». Telle devrait être, selon le projet de loi pour l’égalité des chances présenté ce matin en conseil des ministres par Azouz Begag et Jean Louis Borloo. Ce projet de loi est censé s’attaquer aux « insuffisances » du modèle d’intégration à la française.



« Tout est maintenant une affaire d'exécution. Efficacité et changements concrets doivent être au rendez-vous. Nos principes républicains ne sauraient être contredits par la réalité vécue au quotidien par nos concitoyens » a déclaré le chef de l’Etat Jacques Chirac, ajoutant que « cela vient compléter tous les efforts accomplis dans le cadre de la bataille pour l'emploi, du plan de cohésion sociale et du chantier de la rénovation urbaine ».

« La République reconnaît à ses concitoyens […] un droit identique à l'égalité des chances » peut-on lire dans les motifs que mettent en avant les promoteurs du projet de loi.

Deux mois après la crise dans les banlieues, ce projet de loi vise à remédier aux « faiblesses » du modèle d’intégration à la française. Emploi et développement économique, responsabilité parentale, lutte contre les discriminations, les « insuffisances » dans ces domaines sont passées au crible et des mesures sont proposées afin d’y remédier.

Au chapitre emploi, 15 nouvelles zones franches urbaines devraient être ouvertes aux entreprises de plus de 50 salariés tandis que d’autres devraient être élargies. Par contre, les entreprises installées dans ces zones devraient s’engager à embaucher au moins 30% de salariés issus des quartiers dits difficiles. De plus, le soutien à l’emploi des jeunes en entreprises (SEJE) devrait s’étendre plus largement aux jeunes issus de quartiers dits sensibles. Mesure-phare, et attirant le plus de critiques, l’apprentissage à 14 ans au lieu de 16. Les jeunes pourront choisir dès 14 ans d’entrer en apprentissage, et devraient pouvoir rejoindre le collège s’ils le désirent.

Afin de lutter contre les discriminations, le CV anonyme devrait être mis en place et le testing devrait se voir légalisé. Ainsi, si des entreprises venaient à être soupçonnées de discrimination, des associations devraient pouvoir les tester en leur faisant parvenir plusieurs CV comportant des noms différents. Par ailleurs, une « agence de cohésion sociale » devrait voir le jour, qui permettrait de mener « des missions plus coordonnées et des actions plus ciblées », selon Jean Louis Borloo.

Sur le plan administratif, six postes de préfet « à l’égalité des chances » devraient être créés, dont trois en Ile-de-France.

Qualifié de « vaste fourre-tout » par Laurent Giovannoni, du service oecuménique d’entraide (Cimade), le projet de loi constitue un « affichage positif » pour Mouloud Aounit secrétaire général du MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples).




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