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Sur le vif

L'Acsé à la rescousse des garçons de banlieues

Rédigé par La Rédaction | Lundi 5 Novembre 2012



Nouvellement nommée à la tête de l’Agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances (Acsé), Naïma Charaï a présenté ses grandes orientations à La Croix, dimanche 4 novembre. Avec elle, l’agence qui œuvre pour le développement humain des quartiers, se donnera pour mission d’accompagner plus particulièrement les garçons de banlieues.

« Pour le moment, l’avenir des quartiers passe avant tout par les jeunes femmes, qui investissent davantage nos programmes de réussite. Or, il faut aussi intégrer socialement les garçons, sans quoi il sera impossible de se débarrasser des phénomènes de machisme », explique-t-elle.

« Certains sont tellement perdus qu’ils se construisent une identité de groupe, il faut aller les chercher et leur montrer qu’ils peuvent avoir une existence propre », ajoute l’élue socialiste au conseil régional d’Aquitaine, présidente de l’Acsé par décret du président de la République depuis le 3 octobre. Pour cela, elle table, pour les décrocheurs scolaires, sur l’apprentissage avec un accompagnement individualisé pour une bonne orientation.

Quarantenaire, native de la région du Rif au Maroc, Naïma Charaï est diplômée en psychologie sociale. Elle est engagée depuis longtemps dans la lutte contre l’exclusion et les toxicomanies aux cotés de Médecins du Monde et a créé en 2001 une association de soutien aux prostituées.

En 2010, elle se fait connaître sur le plan national par son combat en faveur des milliers d'anciens combattants, issus des anciennes colonies françaises, qui attendent de percevoir une pension militaire de retraite équivalente à celle de leurs frères d'armes français, à travers l'association « les Oubliés de la République ».

Naïma Charaï connaît aussi très bien le travail de l’Acsé puisqu’elle siège dans le conseil d’administration de l’agence depuis 2008.

Ses nouvelles orientations seront appliquées dès 2013. Elle souhaite également créer une maison des parents et des enfants dans les quartiers. « Ces dernières années, la logique était celle de la sanction, à l’image de la loi Ciotti qui suspendait les allocations familiales en cas d’absentéisme scolaire. Je voudrais au contraire qu’il existe un lieu spécifique où les familles puissent être associées aux décisions scolaires », explique-t-elle.

Une récente étude du Haut conseil à l’intégration notait d’ailleurs qu’il était nécessaire que les enfants de parents immigrés, dont beaucoup vivent dans une zone urbaine sensible (ZUS), puissent « bénéficier de la politique d’égalité des chances, tout particulièrement à l’école. »

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