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Economie

Diversité : Mozaïk RH valorise les jeunes diplômés des banlieues

Rédigé par Hanan Ben Rhouma | Vendredi 5 Octobre 2012

Mozaïk RH fait fort. Avec le soutien du ministère de l’Economie sociale et solidaire et le Conseil régional d’Ile-de-France, le premier cabinet spécialisé dans le recrutement de jeunes diplômés issus des quartiers populaires a officiellement lancé une CVthèque à destination des TPE-PME et des associations. En créant le buzz autour de son initiative, Saïd Hammouche compte ainsi favoriser l’insertion des jeunes dans le marché de l’emploi et lutter contre les clichés négatifs qui minent les banlieues françaises.



Avec le soutien du ministère de l’Economie sociale et solidaire, dirigé par Benoît Hamon (à g.), et le Conseil régional d’Ile-de-France, le premier cabinet spécialisé dans le recrutement de jeunes diplômés issus des quartiers populaires a officiellement lancé sa CVthèque .
Avec le soutien du ministère de l’Economie sociale et solidaire, dirigé par Benoît Hamon (à g.), et le Conseil régional d’Ile-de-France, le premier cabinet spécialisé dans le recrutement de jeunes diplômés issus des quartiers populaires a officiellement lancé sa CVthèque .
En ces temps de crise économique, pas facile pour les jeunes diplômés de se faire une place dans le monde du travail. Moins encore dès lors qu’ils habitent les zones urbaines sensibles (ZUS), qui connaissent un taux de chômage nettement supérieur à la moyenne en raison notamment des discriminations fondées sur l’origine sociale, géographique ou culturelle. Les chiffres parlent d'eux-mêmes : on compte 38 % de jeunes chômeurs dans les ZUS contre 22 % en moyenne. A compétences égales, leurs chances sont moindres.

Rendez-vous a été donné, jeudi 4 octobre, à Bercy. C’est au sein du ministère de l’Economie que Mozaïk RH, le premier cabinet de recrutement et de conseil spécialisé dans la promotion de l’égalité des chances et de la diversité, a lancé en grande pompe sa CVthèque en ligne pour faciliter les contacts entre recruteurs et candidats et booster l’embauche des jeunes diplômés issus des quartiers populaires.

Aux côtés de Benoît Hamon, ministre de l’Economie sociale et solidaire, et d’Abdelhak Kachouri, vice-président du Conseil régional d’Ile-de-France, le fondateur et directeur de Mozaïk RH Saïd Hammouche a mis le paquet pour promouvoir son outil qu’il présente comme un moyen concret de lutter contre les discriminations.

Hamon dit non à la fuite des cerveaux à l’étranger

« Ce qui me paraît important, c’est de rendre visible les diplômés des quartiers qui ont des compétences, sont disponibles et ont envie de travailler. Mais une immense majorité de candidats souffrent d’un déficit d’image et n’ont pas les réseaux », nous affirme M. Hammouche. Son rôle se veut donc simple : nouer des partenariats avec des fédérations d’entreprises telles la CGPME (Confédération générale du patronat des petites et moyennes entreprises) Ile-de-France pour « pour qu’eux-mêmes nous recommande auprès de leurs adhérents, pour générer un flux conséquent d’offres et donner des opportunités nouvelles à la jeunesse ».

« La seule solution qui reste aux jeunes diplômés est soit de lutter, soit de partir et il existe aujourd’hui une vraie fuite des cerveaux des quartiers vers l’étranger au motif qu’il n’y a pas d’opportunités d’emplois qui s’offrent à eux. Moi, je veux garder ces talents », indique à Saphirnews M. Hamon.

« Les jeunes des quartiers populaires diplômés, voire surdiplômés, souffre du manque de concentration de la République. Nous, collectivités territoriales, partageons l’idée qu’il faut multiplier les partenariats pour donner dix fois plus de chances à ces jeunes pour décrocher un emploi », déclare de son côté M. Kachouri.

Le directeur de Mozaïk RH Saïd Hammouche (à g.) aux côtés d'Abdelhak Kachouri, du Conseil régional Ile-de-France.
Le directeur de Mozaïk RH Saïd Hammouche (à g.) aux côtés d'Abdelhak Kachouri, du Conseil régional Ile-de-France.

Les TPE-PME et l’économie solidaire valorisées

Avec à ce jour plus de 700 profils – vidéos et papiers - de candidats issus des banlieues dans la CVthèque, les entreprises ont l’embarras du choix. Les très petites, petites et moyennes entreprises (TPE-PME) ainsi que les structures de l’économie sociale et solidaire (ESS), qui comptent pour 10 % du PIB, sont particulièrement favorisées : elles sont les seules à pouvoir consulter gratuitement la plateforme web de Mozaïk RH. Elles peuvent également, sans intermédiaire, contacter les candidats qui les intéressent.

« On veut que les chefs d’entreprises aient le réflexe d’aller consulter la plateforme », nous déclare M. Hammouche. Il se positionne par ailleurs clairement contre le CV anonyme, qui « ne stimule pas la rencontre ». « Je préfère montrer les gens car cela fait reculer les perceptions négatives qu’on peut avoir à leur encontre. Si on se cache, on continue à alimenter une ambiance où chacun a peur de l’autre car la rencontre ne se fait pas », juge-t-il.

Une ambition : 500 à 5 000 placements par an

Mozaïk RH est présentée désormais comme un modèle de réussite. Crée en décembre 2007, le cabinet à but non lucratif emploie désormais 20 permanents et fonctionne avec un budget dont prend part seulement 3 % des subventions publiques pour demeurer indépendant. Si la signature de la convention n’ouvre droit qu’à un financement dérisoire de l’ordre de 90 000 € par l’Etat et 120 000 € par la région Ile-de-France pour une durée de deux ans, elle permet surtout de « pouvoir accélérer notre développement, ouvrir de nouvelles antennes, et avoir une force de frappe plus importante pour toucher plus d’entreprises », selon M. Hammouche.

Plus ambitieux, Mozaïk RH compte placer 5 000 jeunes par an contre 500 aujourd’hui. « Pour être pragmatique, je veux faire baisser le chômage dans les quartiers et, sans prétendre l’éradiquer, faire au moins en sorte que le taux de chômeurs soit égal à celui constaté dans d’autres zones. Là, on aura réussi à mieux lutter contre les discriminations », déclare le ministre pour appuyer l'initiative de la CVthèque.

Il souligne au passage qu’il y a « plus d’innovations sociales dans ces territoires qu’il n’y en a sur toute la France et de ce point de vue là, ce qui se fait dans les quartiers sert d’exemple pour dupliquer et généraliser des activités créatrices de valeurs ». Reste que cette reconnaissance du ministre doit encore appeler de nouvelles propositions concrètes de la part du gouvernement socialiste.





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